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« Le désir a fait naître en lui
la volonté de vivre en homme,
le besoin de tuer en homme. »
Golem, prélude.
Puisant dans la sombre légende du ghetto juif de Prague, John Casken ressuscite Golem, créature d’argile à laquelle un rabbin insuffle la vie pour lutter contre le mal qui dévaste sa communauté, avant de la détruire par peur qu’elle ne devienne un monstre plus terrible que les fléaux qu’il devait combattre.
Délaissant l’anecdote fantastique, Casken ressasse les tourments du pouvoir jusqu’à l’épure. Par-delà l’ambition et l’échec d’un homme, il pose les éternelles questions philosophiques : Peut-on sauver l’humanité contre son gré ? Peut-on imiter Dieu sans se croire son égal ?
C’est un Maharal au bord de la mort, rabbin épuisé d’avoir trop cru en son pouvoir, rongé par l’échec de son entreprise sans la renier, hanté par le regret sans accepter le remords, que le livret de John Casken et Pierre Audi dévoile en un prélude où les pensées s’égarent dans le labyrinthe de la mémoire. Alors, comme un souvenir surgi devant les yeux hallucinés du vieillard, se rejoue la légende de Golem, cette créature d’argile qui porte le nom d’Adam avant que Dieu ne lui donne vie, cette force servile que Maharal voulait utiliser pour chasser le mal de sa communauté et accomplir ses rêves de grandeur, cette chose qui, pour avoir eu le désir d’être un homme parmi les hommes, devint un monstre douloureux et seul.
Donné pour la première fois en 1989, alors que le rêve communiste s’effondrait avec le mur de Berlin, l’opéra de John Casken, dont c’est la création en France, ne pouvait qu’être influencé par ces événe-ments qui mettaient en lumière les limites et les dangers des utopies. Plaçant Maharal face à son histoire, Casken n’en espère aucune rédemption, aucune autre morale que celle qui peut éclore dans la conscience du spectateur. Portée par une musique lancinante qui la détache du quotidien pour mieux l’élever à la réalité des âmes, l’œuvre met en présence deux mondes qui ne se rencontrent pas, celui de l’archange déchu d’avoir trop cru en lui-même et celui des damnés dont la compassion leur ouvre la voie du salut. Et les chants plaintifs de ces deux mondes, incrédules ou fatalistes, ne cessent de se mêler.
Action Culturelle : le soutien du rectorat de l’académie de Nantes et du service culturel du conseil régional des Pays de la Loire, au travers notamment des pass culture & sport classes, facilitera la venue de 8 classes de lycéens des 5 départements de la Région. Un travail de sensibilisation à Golem, imaginé et réalisé par le service action culturelle d’Angers Nantes Opéra, complètera cette opération de formation des lycéens aux œuvres lyriques.
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