Jenufa

Leos Janacek (1854-1928)


Opéra en trois actes.

Livret de Leos Janacek,
d’après la pièce Její Pastorkyna de Gabriela Preissová.

Créé au théâtre de Brno, le 21 janvier 1904.

NOUVELLE PRODUCTION d'angers nantes opéra


[Opéra en tchèque avec surtitres en français]

DIRECTION MUSICALE : Mark Shanahan

Mise en scène: Patrice Caurier et Moshe Leiser

Décor: Christian Fenouillat

Costumes: Agostino Cavalca

Lumière: Christophe Forey

Etudes Musicales : Irène Kudela


AVEC


Olga Guryakova, Jenufa

Sheila Nadler, grand-mère Buryjovka

Richard Berkeley-Steele, Laca Klemen

Brandon Jovanovich, Steva Burya

Kathryn Harries, Kostelnicka Buryjovka

Frédéric Caton, le contremaître et le maire du village

Linda Ormiston, la femme du maire

Virginie Pochon, Karolka

Edita Ferencikova, une servante

Cécile Galois, Barena

Laurence Misonne, Jano


CHœURS D'ANGERS NANTES OPéRA

DIRECTION : XAVIER RIBES

CHœURS de l’Opéra National de Montpellier

DIRECTION : Noëlle Geny

ORCHESTRE national des pays de la loire

NANTES

Théâtre Graslin
vendredi 2, dimanche 4,
mardi 6, jeudi 8,
samedi 10 mars 2007


PRIX DES PLACES 50 € | 40 € | 30 € | 25 € | 20 € | 10 €



« J’espérais autre chose pour ma vie, autre chose, mais maintenant j’ai l’impression qu’elle est finie. »
Jenufa, acte II.

Dans un village morave assourdi par des hivers de solitude, oppressé par l’inquisition des regards, le destin de Jenufa, enceinte de qui l’a séduite puis abandonnée, défigurée par le jaloux qui finira par l’épouser, fille-mère dont l’enfant est froidement assassiné par une belle-mère craignant l’humiliation, s’exécute avec la banale cruauté d’un fait divers.
Pourtant Janácek, en suivant avec précision la force expressive et mélodique du langage, en noyant dans un même flot musical ininterrompu les contrastes saisissants du quotidien, en transcrivant avec un goût obsessionnel du vrai jusqu’au moindre frémissement des âmes, donne à son drame le lyrisme des grandes tragédies.


Si Jenufa, œuvre noire qui met au-devant de la scène la tragique histoire d’une femme trahie, blessée, humiliée, résignée, ne sombre jamais dans la délectation morose du romantisme ni dans la sensiblerie indignée du réalisme, c’est qu’elle est avant tout un opéra de la douleur. Janácek y noie le désespoir d’avoir perdu sa fille alors qu’il composait son œuvre, allant jusqu’à transcrire dans sa partition les derniers soupirs de sa jeune mourante. Il y a bien sûr dans Jenufa de la révolte sourde, de la violence insupportable parce qu’impunie, mais il y a aussi de la compassion, de ces moments de joie qui aident les communautés à vivre, de ce printemps qui, malgré l’immobilisme d’un hiver sans fin, aura la force de sourdre d’entre les glaces.
Plus qu’avec d’autres compositeurs, tout est dans la musique chez Janácek. Ou, plus exactement, tout est musique. La prose brute de la langue morave n’est pas un fardeau dont on se soulage dans les récitatifs, elle est, magnifiée, comprise, partie intégrante de l’œuvre. Le folklore, les rituels, la lente respiration de la nature, les larmes retenues, les cris, tout est contenu dans cette musique qui ne cesse de couler comme la vie elle-même. Amoureux de ses paysages, de sa langue, de sa culture, Janácek en saisit la vérité avec une précision d’entomologiste, et, sous la loupe de son regard panthéiste, en fait une fresque qui déborde largement les frontières de son petit pays. Cette volonté d’effet grossissant respectueux du réel est bien évidemment vraie pour Jenufa elle-même, cette femme qui doit être universelle à force d’être particu-lière, et doit mener seule son drame aux marches du sublime sans autre recours que sa voix.


Absence à Angers : Jenufa nécessite un orchestre trop important pour la fosse du Grand Théâtre d’Angers. Le théâtre du Quai, qui aurait pu accueillir cette production, n’étant finalement inauguré qu’en fin de saison, Angers Nantes Opéra se trouve dans l’incapacité de présenter ce spectacle à Angers et s’en excuse auprès des spectateurs angevins.