Rigoletto

Giuseppe Verdi (1813-1901)


Opéra en trois actes et un prologue.

Livret de Maria Piave,
d’après la pièce le Roi s’amuse de Victor Hugo.

Créé à la Fenice de Venise, le 3 novembre 1851.

NOUVELLE PRODUCTION d'angers nantes opéra

Coproduction Angers Nantes Opéra,
Opéra de Lausanne, Opéra de Marseille,
Opéra-Théâtre d’Avignon, en collaboration avec l’Opéra de Vichy.


[Opéra en italien avec surtitres en français]

DIRECTION MUSICALE : Marco Letonja

Mise en scène: Arnaud Bernard

Décor: Alessandro Camera

Costumes: Katia Duflot

Lumière: Patrick Méeüs


AVEC


Cesar Augusto Gutierrez, le duc de Mantoue

Carlos Almaguer, Rigoletto

Sabina Puertolas, Gilda

Vladimir Matorin, Sparafucile

Nona Javakhidze, Maddalena

Léandro Lopez (à Nantes)
& André Heijboer (à Angers)
, le comte Monterone

Richard Burkhard, Marullo

Eric Vivion, Matteo Borsa

Eric Vrain, le comte de Ceprano

Irina Martin, la comtesse de Ceprano

Hélène Lecourt, le page


CHœURS D'ANGERS NANTES OPéRA

DIRECTION : XAVIER RIBES

ORCHESTRE national des pays de la loire

NANTES

Théâtre Graslin
vendredi 20, dimanche 22,
mardi 24, jeudi 26,
samedi 28 avril 2007

ANGERS

Grand théâtre
mercredi 9, vendredi 11,
dimanche 13 mai 2007

EN SEMAINE A 20H, LE DIMANCHE A 14H30

PRIX DES PLACES 50 € | 40 € | 30 € | 25 € | 20 € | 10 €



« La fidélité, ce tyran des cœurs, nous la détestons comme un mal cruel. Que seul celui qui le désire soit fidèle. »
Rigoletto, acte I, scène 1.

La cour de Mantoue résonne de rires trop clairs qui masquent rages et offenses. C’est que le duc y séduit avec arrogance, aidé par son bouffon Rigoletto qui s’amuse d’en être le complice avant que ne tombe sur lui la malédiction lancée par un père déshonoré. Pathétique et maudit, Rigoletto tombe alors dans l’un de ces pièges qu’il aimait tendre, livre sa fille au duc quand il voulait l’en éloigner, subit la vengeance qu’il a ourdie.
Verdi, fasciné par le drame romantique, aimant l’excès des sentiments qu’il contient, enchaîne les voix amoureuses et furieuses, sonores et éteintes, désespérées et pures, pour envoûter le spectateur et l’entraîner dans cette farce qui tourne à la tragédie.


Comme Don Juan ou Casanova, le duc de Mantoue collectionne les cœurs, mais il ne fait de ses conquêtes ni une révolte contre la morale, ni une secrète recherche de l’amour idéal, juste un jeu impuni que lui permet son rang. C’est l’erreur de Rigoletto que de croire posséder un peu de ce pouvoir qu’il sert, d’oublier qu’il n’est aux yeux de tous qu’un bouffon, bossu, veule et cynique. La malédiction qui le frappe ne désespère que lui-même parce que l’inconscience du mal qu’il a fait le prive de la compassion de ceux qu’il a tourmentés, le condamne à survivre sans grandeur, ignoré de sa fille Gilda aimée en secret, et finalement en fait la victime de la vengeance dont il espérait le salut. Seule au milieu de ce naufrage, Gilda porte en elle la lumière de l’innocence, la grâce de celle qui découvre dans un même élan les beautés de l’amour et de la mort.
Giuseppe Verdi rêvait de composer un Roi Lear et, bien que son opéra soit adapté d’une pièce de Victor Hugo, c’est souvent du côté de Shakespeare qu’il faut chercher les personnages de son Rigoletto. Sa partition précise, efficace, évite la sensiblerie et n’use de la virtuosité des chanteurs que pour mieux saisir les contorsions de l’âme au bord de la folie quand l’aveuglement de la vanité lui fait perdre l’amour qu’elle ignorait posséder.