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Dans le conte d’Hoffmann dont s’est inspiré Tchaïkovsky, les cadeaux de Noël de Clara s’animaient dans la nuit feutrée de sa chambre, les rats jetaient des sorts, le casse-noisette cachait un prince. Le monde venait ainsi à la jeune fille comme un cauchemar qui se transformait en rêve. Et le désir de féerie de Tchaïkovsky y rejoignait le goût du fantastique d’Hoffmann dans un même étourdissement romantique.
Dans la version chorégraphiée par Jo Strømgren, le conte devient plus malicieux. La féerie, née au coin d’une rue, dans le froid et la neige, fricote avec le monde réel, sa misère, ses drames, ses guerres, et devient une originale forme de survie. On y reconnaît les peurs enfantines, les inquiétudes de la maturité. Et sous le coup de cette baguette magique, Clara peut passer de l’enfance à l’âge adulte sans illusion.
Mais avec un féroce appétit de vivre.
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