Opéra en trois actes et un épilogue.

Livret de Wystan Hugh Auden et Chester Kallman
inspiré de The Rake’s progress,
série de huit tableaux de William Hogarth.

Créé à la Fenice de Venise, le 11 septembre 1951.

Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes.


[Opéra en anglais avec surtitres en français]


DIRECTION MUSICALE : Nicolas Chalvin

Mise en scène : Carlos Wagner

Décor et costumes: Conor Murphy

Lumière : Norbert Chmel


AVEC


Gilles Ragon, Tom Rakewell

Gail Pearson, Anne Trulove

Brian Bannatyne-Scott, Trulove

Josef Wagner, Nick Shadow

Linda Ormiston, Mother Goose

Ann McMahon Quintero

ou Linda Ormiston, Baba la Turque

Christopher Lemmings, Sellem


CHœUR D'ANGERS NANTES OPéRA

DIRECTION : XAVIER RIBES

ORCHESTRE national des pays de la loire

ANGERS

Grand théâtre
mardi 4, jeudi 6,
samedi 8 mars 2008

EN SEMAINE A 20H, LE DIMANCHE A 14H30

NANTES

Théâtre Graslin
vendredi 4, dimanche 6, mardi 8,
jeudi 10, samedi 12 avril 2008

PRIX DES PLACES 55 € | 45 € | 35 € | 20 € | 10 €



« Réussir du premier coup en jeu
ou en amour est ennuyeux ;
Le gentleman aime le sport, car le sport est rare ;
Ce qui est sûr le désole ;
Il risque les sous d’espoir pour gagner
Les guinées du désespoir. »
The Rake's Progress.

Quand la monnaie, frappée aux forges de l’enfer, apparaît par enchantement dans la vie de Tom, elle lui brûle aussitôt les doigts. Il en oublie l’amour, grossit en affaires, tente le diable, sombre dans la débauche. Mais quand sa fortune disparaît par malice, quand l’artifice se déchire sur un paysage de mort, la raison de Tom se perd dans la déchéance où ne survivent que vie dilapidée et amour sacrifié.
C’est l’argent qui corrompt, telle est la morale. En pleine Amérique florissante où il résidait, Stravinsky voulait de ce conte moderne fustigeant l’insolence de la richesse. Il en a fait le plus grand de ses opéras, baroque, actuel, un pamphlet musical puisant aux sources du lyrique et de la musique classique.


C’est à Chicago, le 2 mai 1947, que Stravinsky découvre au milieu d’une exposition consacrée au peintre et graveur anglais William Hogarth une série de tableaux datant de 1735, The Rake’s Progress, reprenant le titre et le thème d'une comédie de 1730 écrite par son ami Henry Fielding, mais s’inspirant aussi de gravures italiennes des XVIe et XVIIe siècles illustrant un sujet analogue. William Hogarth y montre, avec un sens aigu de la satire sociale, les désordres auxquels peuvent conduire l'alcool et les femmes. En huit tableaux, il peint l’une de ses « pièces morales », comme il les appelle fièrement, avec une théâtralité qu’il revendique : « Ma peinture est ma scène et mes personnages sont des acteurs qui y donnent une pantomime silencieuse. »
Pour Igor Stravinsky, ayant définitivement quitté sa Russie natale, ayant déserté la France pour s’installer depuis peu, mais pour toujours, aux Etats-Unis, c’est un choc, une évidence dans ce nouveau monde sur lequel plane déjà l’ombre du maccarthisme. Très vite, The Rake’s Progress devient le titre d’un opéra qu’il désire composer. Il confie au poète Wystan Hugh Auden le soin de fondre ce sujet du XVIIIe siècle dans un moule du XXe siècle, non pour en faire « un drame musical, seulement un opéra à numéros bien distincts », se plonge dans l’œuvre lyrique de Mozart pour y trouver matière à son désir d’écriture néoclassique. Sans attendre les premières lignes d’Auden, qui s’est adjoint l’écriture complice de Chester Kallman, il compose un premier quatuor à cordes. Mais l’œuvre reste à venir. Auden lui fournit un livret d’une telle profusion de formes poétiques et de situations, que Stravinsky compose avec enthousiasme, reprend chaque scène avec le poète, délaisse les propositions américaines pour créer, après trois ans de travail, « son » opéra à la Fenice de Venise dans une production de la Scala de Milan. Et laisse une œuvre atypique, extravagante, rigoureuse, que l’on ne cesse de découvrir.