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Opéra Bouffe en trois actes.

Livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac
d’après la nouvelle le Carrosse du Saint-Sacrement de Prosper Mérimée.

Créé au théâtre des Variétés de Paris,
le 6 octobre 1868 pour la version en deux actes
et le 25 avril 1874 pour la version en trois actes.

Coproduction Opéra de Lille, Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes.

[Opéra en français]


Direction musicale : Stéphane Petitjean

Mise en scène : Bérangère Jannelle

Décor : Stéphane Pauvret

Costumes : Laurence Chalou

Lumière : Christian Dubet

Chorégraphie : Olivier Dubois


AVEC


Stéphanie d’Oustrac, la Périchole

Martial Defontaine, Piquillo

Franck Leguérinel, Don Andrès de Ribeira

Mathias Vidal, Don Pedro de Hinoyosa

Erick Freulon, Don Miguel de Panatella

Karine Godefroy, Guadalena, Manuelita

Cécile Galois, Berginella, Ninetta

Julie Pasturaud, Mastrilla, Brambilla

Boris Alestchenkoff, le Marquis de Tarapote, le vieux prisonnier


CHœUR D'ANGERS NANTES OPéRA

DIRECTION : XAVIER RIBES

ORCHESTRE national des pays de la loire




NANTES

Théâtre Graslin
vendredi 11, dimanche 13, mardi 15,
jeudi 17, samedi 19 décembre 2009

Représentation avec audiodescription
le jeudi 9 décembre 2009 à 20h à
l'occasion de la répétition Générale.


ANGERS

LE QUAI
mercredi 13, vendredi 15, dimanche 17 janvier 2010

Représentation avec audiodescription
le dimanche 17 janvier 2010 à 14h30


EN SEMAINE A 20H, LE DIMANCHE A 14H30

PRIX DES PLACES 55 € | 45 € | 35 € | 30 € | 20 € | 10 €




« Voyez, messieurs, comme ils sont tristes,
Les gens qui rêvent le pouvoir !
Nous sommes gais, nous, les artistes,
Et c’est ce qui nous fait avoir
Des femmes !… »

Piquillo,
la Périchole

Un vice-roi qui veut assouvir des vices de roi, quoi de plus normal ? Qu’il vaque incognito pour courir la gueuse trop pauvre pour être honnête, quoi de plus naturel ? Mais qu’il s’entiche d’une chanteuse des rues endormie, lui fasse miroiter son pouvoir pour la séduire et la dénicher de son amour, voilà bien une chose qui ne pourrait se produire de nos jours ! Tout comme elle aurait défié la censure de Napoléon III. Jacques Offenbach préféra donc passer sa bonne humeur sur un naïf roitelet d’Amérique du Sud, ridiculement capable de marier à un inconnu celle qu’il rêve en maîtresse honorable, de jeter au cachot les époux récalcitrants, avant de piétiner de rage quand les jeunes mariés lui volent amour, gloire et richesse.
Mais, mine de rien, sans renier cocasserie et entrain qui faisaient son succès, Offenbach explorait ainsi pour la première fois les terres du marivaudage, en laissant sa musique s’attendrir au subtil jeu de l’amour et du hasard.


Le réel ne manque pas d’imagination car si la Périchole est bien née en 1825 dans le Carrosse du Saint-Sacrement de Prosper Mérimée dont, en 1953, Jean Renoir fera le Carrosse d'or au cinéma, ce personnage s’inspirait de la véridique histoire d’une comédienne péruvienne, Micaela Villegas, surnommée chienne de métisse, qui avait épousé un chanteur des rues et devint la maîtresse du vice-roi du Pérou. Le reste n’est que fantaisie, celle de Jacques Offenbach que l’accueil mitigé de son Château à Toto au début de 1868 incitait à renouer avec le succès qu’il avait connu l’année précédente où sa Vie parisienne se jouait encore au Théâtre du Palais-Royal, où le Théâtre des Variétés triomphait avec la Grande-Duchesse de Gérolstein tandis que l'Opéra-Comique créait son Robinson Crusoé.

On ne change pas une équipe qui gagne. Offenbach s’assura le concours de la chanteuse Hortense Schneider, la première Belle Hélène, dont la beauté et le talent avaient conquis le coeur des plus grands de ce monde depuis qu’ils l’avaient vue dans la Grande-Duchesse de Gérolstein, créé pour l'exposition universelle de 1867. Il confia le livret à Henri Meilhac et Ludovic Halévy qui avaient écrit la Belle Hélène, Barbe-Bleue, la Vie parisienne, la Grande-Duchesse de Gérolstein et signeraient, sept ans plus tard, le livret de la Carmen de Georges Bizet. Henri Meilhac, bon vivant, amateur de grands restaurants, de cigares et de champagne, apportait la fantaisie et la loufoquerie indispensables au genre. Ludovic Halévy soignait les traits d’esprit, offrait aux oeuvres le raffinement, la profondeur et l'humanité nécessaires.

Le mélange de drôlerie et d’émotion de la Périchole déconcerta le Tout-Paris qui aimait s’encanailler aux élégantes irrévérences du trio Offenbach, Meilhac, Halévy, mais le grand public adora retenir ses rires pour avoir le loisir de s’émouvoir. Plébiscité par le succès, Offenbach, qui avait laissé un Halévy dépressif noircir le livret de nostalgie et lassitude, s’était offert le luxe d’écorner son statut d’amuseur numéro un pour enrichir sa musique d’airs tout en finesse et céder un peu à sa gravité naturelle. Celle qui, au soir de sa vie, hantera les Contes d'Hoffmann.



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