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Opéra en deux actes
Livret de Cesare Sterbini d’après la pièce éponyme de Pierre Caron de Beaumarchais.
Créé au Teatro di Torre Argentina de Rome, le 20 février 1816.
Direction musicale Giuseppe Grazioli
Mise en scène Frédéric Bélier-Garcia
Décor Jacques Gabel
Costumes Catherine Leterrier
et Sarah Leterrier
Lumière Roberto Venturi
[Opéra en italien avec surtitres en français]
avec
Philippe Talbot, le comte Almaviva
Kevin Greenlaw, Figaro
Paola Gardina, Rosina
Franck Leguérinel, Bartolo
Wenwei Zhang, Basilio
Jeannette Fischer, Berta
Eric Vrain, Fiorello
Choeur d’Angers Nantes Opéra
— Direction Xavier Ribes —
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Massy.
En collaboration avec Le Grand T et en partenariat avec le Nouveau Théâtre d’Angers – centre dramatique national Pays de la Loire.
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NANTES / LE GRAND T
vendredi 24, dimanche 26, mardi 28 septembre,
vendredi 1er,
dimanche 3, mardi 5 octobre 2010
ANGErS / LE QUAI
mercredi 13, vendredi 15, dimanche 17 octobre 2010
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30
 
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Avec sa trilogie théâtrale qu’il intitule Le Roman de la famille Almaviva, Beaumarchais montre
avec clairvoyance la fulgurante métamorphose de la société française à l’époque de la révolution.
Et Figaro, habile roturier, joue opportunément du changement des valeurs que lui offre l’histoire,
passant de l’insouciance d’une noblesse défaite à la stricte morale d’une bourgeoisie triomphante.
Rangé dans La Mère coupable en 1792, revendicatif dans Le Mariage de Figaro en 1778, il n’est
encore qu’un valet débrouillard et rusé dans Le Barbier de Séville en 1775, usant joyeusement
de ses stratagèmes afin d’arracher la jeune Rosine à la concupiscence de son tuteur pour lui
permettre d’épouser le fringant comte Almaviva.
Quarante ans plus tard, Gioacchino Rossini s’empare de ce Barbier de Séville au rythme effréné
pour servir sa musique. Composant les rôles comme autant de portraits hauts en couleurs,
enchaînant des airs virtuoses qui deviendront légendaires, il signe une partition vive,
bouillonnante, qui laisse le spectateur ravi et pantois.
A vingt-quatre ans, Gioacchino Rossini n’a peur de rien. Avec dix-sept oeuvres lyriques déjà à son actif, l’opéra
semble lui couler des doigts avec une étonnante facilité ;
des titres comme Tancrède ou L’Italienne à Alger ont fait
son succès ; sa renommée lui vaut d’être courtisé par les
meilleurs théâtres. Aussi, lorsque, en décembre 1815, le duc
Sforza Cesarini, impresario du Teatro di Torre Argentina, lui
demande de composer, sur un livret de Jacopo Ferretti, une
oeuvre buffa qui mette en vedette son ténor vedette Manuel
García, de fournir sa partition pour la mi-janvier et de
diriger les trois premières représentations un mois plus
tard, Rossini accepte-t-il sans hésiter. Le livret de Ferretti
ne convient finalement pas à Cesarini ? Qu’importe,
Rossini propose Cesare Sterbini avec lequel il a travaillé et suggère d’adapter Le Barbier de Séville. La pièce a été mise en musique huit fois ? Qu’importe, il est sûr de son
savoir-faire. Le temps presse ? Qu’importe, il rend sa
partition au bout de quatorze jours !
Beaumarchais aimait la musique et les compositeurs l’ont
maintes fois adapté pour la scène lyrique ; Rossini aimait
les auteurs français qui le lui ont bien rendu — Stendhal
lui a même consacré une biographie. Beaumarchais se
reconnaissait dans l’insolence de Figaro, Rossini dans
sa faconde. Le Barbier de Séville était donc fait pour l’un
et pour l’autre. Pièce légère, bouffonne, qui seyait à la
malice de Beaumarchais, Le Barbier de Séville est aussi
une étonnante galerie de personnages, une succession
de situations burlesques dont Rossini joue allègrement
pour varier les registres, bousculer les traditions du genre
et donner libre cours à sa « folie » musicale, celle qu’il
revendiquait déjà à la création de L’Italienne à Alger : « Je croyais qu’après avoir entendu mon opéra on me traiterait
de fou ; je suis rassuré, les Vénitiens se sont montrés plus fous
que moi ».
Souvent malmenée dans le passé par des chanteurs plus
soucieux de briller que d’être fidèles et par des chefs
trop conciliants avec leurs caprices, la partition peut
aujourd’hui révéler à nouveau toute la subtilité qu’avait
voulue son compositeur. Trois ans après y avoir connu
le succès avec Le Comte Ory du même Rossini, Frédéric
Bélier-Garcia revient à Angers Nantes Opéra pour mettre
en scène Le Barbier de Séville, « cette musique [qui] donne
de l’espérance aux coeurs les plus endormis » comme
l’écrivait Balzac.
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