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— opéra — en quatre actes

Livret de Ernesta Rinaldi et Nino Rota d'après la pièce Un Chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche
et Marc-Michel. Créé le 21 avril 1955 au Teatro Massimo de Palerme.

Direction musicale Giuseppe Grazioli
mise en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser
décor Christian Fenouillat
costumes Agostino Cavalca
lumière Christophe Forey

Avec
Philippe Talbot, Fadinard
Hendrickje Van Kerckhove, Elena
Peter Kalman, Nonancourt
Boris Grappe, Emilio
Elzbieta Szmytka, Anaide et La Modiste
Claudio Otelli, Beauperthuis
Elena Zilio, La Baronne
Beau Palmer, Vézinet
Emanuele Giannino, Achile de Rosalba et Felice
Jean-Louis Meunier, Un Garde et Minardi
Guy-Étienne Giot, Le Caporal

Choeur d’Angers Nantes Opéra
Direction Sandrine Abello

Orchestre National des Pays de la Loire

Nouvelle production Angers Nantes Opéra, en partenariat avec le Nouveau Théâtre d’Angers – centre dramatique national Pays de la Loire.
[Opéra en italien avec surtitres en français]

 

 



 

 

 

 

 

 

Nantes / Théâtre Graslin

dimanche 25, mardi 27, vendredi 30 novembre, dimanche 2, mardi 4 décembre 2012

Angers / Grand Théâtre

dimanche 16, mardi 18, jeudi 20 décembre 2012

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

Quand les abonnés de l'opéra vont au théâtre...

En complicité avec le Nouveau Théâtre d'Angers, Angers Nantes Opéra propose à ses abonnés d'aller voir Un Chapeau de paille d'Italie de Eugène Labiche.


 

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Mais comment un innocent cheval, mâchouillant un appétissant chapeau de paille suspendu à la branche d’un arbre par une femme un peu trop légère, peut-il faire tourner en bourrique toute une noce ? Pour le savoir, il faut tenter de suivre le rythme effréné du Chapeau de paille d’Italie. Poursuites, chassés croisés, secrets, rebondissements, quiproquos, malentendus, trompe l’oeil… Eugène Labiche fait basculer le comique de situation et de caractère en comique de mouvement.
Et c’est ainsi qu’en 1851, d’un coup de Chapeau à succès, il offre une nouvelle vie au vaudeville.
Un siècle plus tard, Nino Rota court dans les pas de ce vaudeville français avec un coquin plaisir, orchestre avec délice cette cavalcade nuptiale, sonne cuivres et violons pour pousser la cadence, et mène en fanfare tout ce petit monde improbable, excentrique et lunaire, ridicule et touchant, dans une folie burlesque que n’aurait pas renié le cinéma muet.

 

« Ah ! Vraiment, c’est atroce !
Quelle affreuse noce !
Où donc nous fait-on courir
Quand nous devrions dormir !
»
Toute la noce, Un Chapeau de paille d’Italie

 

Dans les années 1850, le genre popularisé par Dufresny et Lesage au passage du XVIIe au XVIIIe siècle, ces courtes pièces qui intégraient des couplets chantés sur des airs connus, les vaudevilles, faisait fureur. Pas moins de cent soixante-huit vaudevillistes fabriquaient sans relâche répliques et couplets pour nourrir la voracité des scènes spécialisées. Ces théâtres avaient leurs auteurs, leurs troupes et leurs vedettes, comme le Théâtre du Palais-Royal qui pouvait s’enorgueillir de posséder Ravel, le génie des gags, Grassot, si drôle avec sa gestuelle d’orang-outan, et la plume volubile et efficace d’Eugène Labiche.
Il fallait faire vite, car le public était gourmand. Il fallait faire court car le rire s’essoufflait après deux ou trois actes. Et voilà que Labiche, lassé du succès facile après les soixante pièces qu’il venait d’écrire depuis ses vingt-trois ans, fit le pari, avec l’aide de Marc-Michel, d’un vaudeville en cinq actes, Un Chapeau de paille d’Italie. Dormeuil, le directeur du Théâtre du Palais-Royal, s’écria, effondré, au sortir d’une répétition : « C’est complètement idiot ! ». « C’est bien possible mais nous ne le saurons qu’après… », lui rétorqua Labiche.
Dormeuil, plutôt que de froisser son auteur vedette, repoussa la création à l’été où les recettes faiblissaient toujours et préféra s’enfuir en Normandie pour ne pas vivre le scandale de la première du 14 août 1851. Précaution inutile, ce fut un triomphe !
Car cette « idiotie » qui déplut tant à Dormeuil portait une extravagance onirique qui présageait aussi bien les burlesques américains, les délires surréalistes que le théâtre de l’absurde. Et c’est bien cette « idiotie» déroulée avec la vivacité d’un scénario à rebondissements, le rythme haletant d’un film où l’on court de gags en folies vers le Happy End, qui séduisit le déjà célèbre Nino Rota quand, pour le surintendant du Massimo, il ressortit une ancienne partition et ce Chapeau de ses cartons. Comme le vaudeville d’origine, cet opéra fut un succès et reste le plus célèbre, le plus joué, du compositeur.
La réussite déplaît aux envieux. Les écrivains avaient reproché à Labiche de se fourvoyer dans les vaudevilles, on en voulut à Rota, ce « postromantique attardé », d’avoir préféré la musique populaire à la noble cause des avant-gardes. Mais, au soir de sa vie, ce touche-à-tout prolifique finit par leur répondre : « La musique n’est pas un art rationnel, elle doit émouvoir, “mouvoir avec elle”. Si elle n’émeut pas, si elle ne suscite pas d’émotion, autant ne pas en faire, autant ne pas en écouter, autant aller se promener ».
 



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