- Opéra bouffe - en trois ACTES.

Livret de Henri Chivot et Alfred Duru.
Créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens à Paris, le 17 septembre 1866.
Repris avec des changements au Théâtre des Folies-Dramatiques à Paris, le 2 mars 1872.
Version pour treize chanteurs et douze instrumentistes.
Transcription Thibault Perrine.

Direction musicale Christophe Grapperon
Mise en scène, costumes & Scénographie
Pierre-André Weitz

assisté de Victoria Duhamel, Mathieu Crescence et Pierre Lebon
Lumière Bertrand Killy

avec
Damien Bigourdan, Rodomont
Antoine Philippot, Sacripant
Arnaud Marzorati, Merlin
Mathias Vidal, Médor
Ingrid Perruche, Totoche
Lara Neumann, Angélique
Chantal Santon Jeffery, Mélusine
Rémy Mathieu, Roland
David Ghilardi, Amadis des Gaules
Théophile Alexandre, Lancelot du Lac
Jérémie Delvert, Renaud de Montauban
Pierre Lebon, Ogier le Danois
Clémentine Bourgoin, Fleur-de-Neige
Compagnie Les Brigands
Production déléguée Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française.
Production exécutive Compagnie Les Brigands.
Coproduction Opéra de Reims, Centre des Bords de Marne — Le Perreux, La Coursive — scène nationale La Rochelle.
Création le dimanche 22 novembre 2015 à l’Opéra national de Bordeaux.

 

[Opéra en français avec surtitres]

 

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

samedi 9, dimanche 10, mardi 12, mercredi 13, jeudi 14 janvier 2016

 

ANGERS GRAND THÉÂTRE

samedi 16, dimanche 17, mardi 19 janvier 2016

 

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

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Les chevaliers de la table ronde ont perdu de leur superbe dans ce bien étrange Moyen Âge. Le preux Roland pantoufle dans les bras de la magicienne Mélusine, au grand dam de ses amis Lancelot du Lac et Amadis des Gaules, chevaliers errants désœuvrés. Qu’on se rassure ! Un duc jaloux, flanqué d’une fille qui rêve de plaisir matrimonial et d’une femme qui rêve de luxe et de luxure, va réveiller tout ce petit monde ! On galope, on fait tournoi, on courtise, on défaille, on rit, on raille et ferraille… et l’on chante, à tout propos, de bon cœur et à pleins poumons !

Compositeur, auteur, acteur, chanteur, metteur en scène et directeur de troupe, mais surtout inventeur de l’opérette qui fit concurrence à l’opéra bouffe de son ami Jacques Offenbach dont il fut régulièrement l’interprète, Hervé sait mener rondement son affaire. Le livret de Henri Chivot et Alfred Duru, artistiquement bricolé, décalé avec soin, lui pousse l’absurde jusqu’au délire auquel il n’a plus qu’à ajouter sa propre folie, ses petits airs entêtants et ses ensembles d’une insolente bravoure. On y sourit sous cape, on y éclate de rire, jamais on ne s’y ennuie !

 
Avant de connaître de beaux jours sous le pseudonyme de Hervé, le jeune Florimond Ronger eut des débuts difficiles, lui qui naquit dans une famille pauvre, n’eut pas la chance d’entrer au conservatoire ou d’avoir d’influentes relations. Et à peine fut-il mort que la gloire de Jacques Offenbach, mieux loti, au parcours plus classique, à l’impressionnant carnet d’adresses, le plongea aussitôt dans l’oubli. De son abondante production, ne surnage aujourd’hui que la mémoire de quelques titres, comme son fameux Mam’zelle Nitouche de 1883, dont l’argument s’inspire de cette folle époque où, pour gagner sa vie, il courait des prestigieuses orgues de Saint-Eustache, dont il était l’organiste attitré et pour lesquelles il composait des messes, aux théâtres des faubourgs pour y jouer la comédie et chanter des vaudevilles.

Hervé n’en est pas moins attachant et talentueux. Fantasque et entaché de quelques frasques sexuelles qui lui valurent de visiter la prison, il resta avant tout un artisan, heureux de s’être fait tout seul, depuis sa première vie d’organiste et professeur de chant à l’asile de Bicêtre où il bricola de courtes pochades pour « ses » pensionnaires, jusqu’au théâtre du Palais-Royal dont il devint chef d’orchestre avant d’y composer en 1853 une musique si loufoque et si bien faite pour Les Folies dramatiques qu’elle fut remarquée par le comte de Morny, ministre de Napoléon III. Ce qui lui permit de fonder la même année son propre théâtre, les Folies-Concertantes, rebaptisé les Folies-Nouvelles l’année suivante.

Facétieux et plein d’esprit, il s’amusait que son passé à Bicêtre autorisât la critique à l’habiller du titre de l’une de ses œuvres, Le Compositeur toqué,aimait les mondanités et les rencontres improbables, comme celle de Richard Wagner au cours d’un dîner parisien. Ils papotèrent, se prirent d’amitié. « J’écris mes livrets moi-même car je n’ai trouvé personne qui puisse comprendre mon esthétique », dit Wagner. « Et moi aussi, je procède comme vous : je fais mes livrets moi-même, mais pour des raisons différentes de celles que vous invoquez », répliqua Hervé, tout fier. Des raisons, il en avait mille, bien sûr, mais en inguérissable homme de scène il s’inquiétait surtout des réactions des spectateurs. Cherchant à répondre un jour à l’une des questions qui pourraient lui être posées sur son travail, Hervé, habile et bien embarrassé, finit par couper court, avec franchise : « Mais tout d’abord, exposons notre plan… Notre plan ?… ma foi, je n’en ai pas. Si fait, un seul : celui de faire sourire le public dans l’intervalle de mes morceaux de musique. »

     
 

 

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