La Coquette trompée (1753) de Antoine Dauvergne, sur un texte de Charles-Simon Favart. Prologue, additions et instrumentations (2014) de Gérard Pesson, sur un texte de Pierre Alferi Créé au festival Le French May de Hong Kong, le 2 mai 2015.

Direction musicale Héloïse Gaillard et Violaine Cochard
Mise en scène Fanny de Chaillé
Costumes Annette Messager
Lumière Gilles Gentner

avec

Isabelle Poulenard, Florise
Maïlys de Villoutreys,
Clarice
Robert Getchell,
Damon        
Ensemble Amarillis
Direction artistique Héloïse Gaillard
Coréalisation Angers Nantes Opéra, Le Grand T, Le Quai.

Production festival d’Automne à Paris, centre de musique baroque de Versailles, festival Le French May de Hong Kong, festival de Sablé-sur-Sarthe, Metz en Scènes — Arsenal, Théâtre Impérial de Compiègne, KunstFestSpiele Herrenhausen, Spoleto Festival USA de Charleston, Peak Perfomances @ Montclair State University.
Avec le soutien du Fonds de Création Lyrique et de l’Adami. Avec le soutien de la Fondation Orange.
La Double Coquette a été créé le 2 décembre 2014 au Théâtre de Besançon, dans une version de concert produite par l’ensemble Amarillis et Les 2 Scènes — scène nationale de Besançon. La musique de Gérard Pesson et le livret de Pierre Alferi ont fait l’objet d’une commande des 2 Scènes — scène nationale de Besançon.

 

 

 

 

 

ANGERS GRAND THÉÂTRE

mercredi 10, jeudi 11 Mai 2017 à 20h

NANTES LE GRAND T

lundi 15 à 20h30, mardi 16 et jeudi 18 à 20h, vendredi 19 à 20h30, samedi 20 à 19h Mai 2017

 

 

 

 


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Rien n’est simple en badinage amoureux quand la jalousie se travestit si bien de passion qu’elle finit par y succomber. L’insouciant Damon en fait la vexante expérience, lui qui croyait pouvoir séduire la coquine Clarice en se jouant impunément de sa fiancée Florise. Mais Florise découvre l’intrigue, en échafaude stratagème, se moustache, se rebaptise Dariman pour détourner vers ce bel inconnu le désir de Clarice. Le piège fonctionne si parfaitement que la jalousie en changera de camp et que l’amour, joyeusement complice et pas trop regardant, s’y démasquera fort joliment.
En se glissant avec élégance et discrétion dans la peau de La Coquette trompée, œuvre composée en 1753 par Antoine Dauvergne sur un texte de Charles-Simon Favart, Gérard Pesson fait bien plus que pasticher ou parodier sans façon. Il en déguise affectueusement la musique d’origine, par touches légères, subtils ajouts, lui fait franchir deux siècles et demi sous de nouveaux atours, devenir La Double Coquette, moderne aventure sentimentale à laquelle les mots de Pierre Alferi offrent une langue poétique taquinant les licences de la jeunesse et les pudeurs de notre temps.
Derrière La Double Coquette se dissimule donc La Coquette trompée, un travestissement musical qui sied à son XVIIIe siècle d’origine, friand de faux-semblants, supercheries et quiproquos, et fait écho à la double identité dont s’affuble Florise. Mais grâce à cet ouvrage créé en 1753 au théâtre de Fontainebleau pour le plaisir de la Cour, on découvre ou se souvient surtout de Antoine Dauvergne qui, lui-même, connut plusieurs vies. Celle de brillant violoniste qui lui fit intégrer la Chambre du Roi en 1739, puis l’orchestre de l’Académie royale de musique en 1744, avant d’en devenir sept ans plus tard le chef d’orchestre. Ou celle, encouragée par Jean-Philippe Rameau, qui le transforma en Compositeur et Maître de musique de la Chambre du Roi en 1755, puis Surintendant de la musique royale en 1764. Ou encore celle de directeur de l’Académie royale de musique, à trois reprises entre 1769 et 1791.
Tandis qu’il servait La Coquette trompée à la Cour, Dauvergne se faisait connaître de Paris sur le théâtre de la Foire Saint-Laurent avec un petit opéra bouffon, Les Troqueurs, qui resta son œuvre la plus célèbre. Pourtant, ce fut à la tête de la noble Académie royale de musique qu’il marqua son temps en y soutenant de jeunes artistes, en ouvrant pour la première fois la scène de l’opéra à des Gluck, Noverre, Sacchini, Méhul ou Cherubini. Lui qui navigua si habilement entre conservatisme et modernité, apparaît ainsi comme un symbole des ambivalences artistiques de son époque, une figure-clé du siècle des Lumières.
Si ce n’est que les ajouts musicaux de Gérard Pesson n’ont pas eu pour ambition de restituer l’œuvre de Antoine Dauvergne dans sa version originale, le méticuleux travail qu’a effectué sur La Coquette trompée celui que l’on appelle parfois « le compositeur de la mémoire », en référence à sa capacité d’écrire ses musiques à partir d’œuvres préexistantes, s’est beaucoup apparenté à ces restaurations d’art qui usent de feuilles d’or et de fines retouches pour rendre aux œuvres anciennes leur éclat d’origine. Et, cette fois, une modernité que les siècles avaient émoussée. Pas moins de 32 « additions », comme les nomme Gérard Pesson en allusion aux Additions au Journal de Dangeau que l’on trouve en sous-titre des Mémoires du duc de Saint-Simon, ont ainsi délicatement paré La Coquette trompée des effets de La Double Coquette mais sans vils rapetassages, tout juste de fines reprises, souvent d’invisibles broderies guidées par les apartés, dialogues, substitutions et indications écrits par Pierre Alferi. Au final, l’illusion est saisissante, à tel point que l’on se surprend à croire que réseaux sociaux et bars existaient déjà en plein XVIIIe siècle !
     
 

 

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