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Melodramma giocoso en deux actes.
Livret de Felice Romani, d’après le livret de Eugène Scribe pour Le Philtre de Daniel François Esprit Auber. Créé au Teatro alla Cannobiana de Milan, le 12 mai 1832.
Direction musicale Thomas Rösner
Mise en scène Richard Brunel
Scénographie Marc Lainé
Costumes Claire Risterucci
Lumière Mathias Roche
Dramaturgie Catherine Ailloud-Nicolas
[Opéra en italien avec surtitres en français]
avec
Edgar Ernesto Ramirez, Nemorino
Tatiana Lisnic, Adina
Jeremy Carpenter, Belcore
Yuri Kissin, Docteur Dulcamara
Stéphanie Loris, Giannetta
Choeur d’Angers Nantes Opéra
— Direction Xavier Ribes —
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Opéra de Lille, Opéra de Rouen Haute Normandie,
Opéra Théâtre de Saint-Etienne, Opéra-Théâtre de Limoges, Angers Nantes Opéra.
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ANGERS / LE QUAI
lundi 9, mercredi 11 mai 2011
NANTES / Théâtre GRASLIN
vendredi 20, dimanche 22, jeudi 26, samedi 28, mardi 31 mai 2011
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30
 
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Il y avait une fois une jeune et riche fermière qui s’appelait Adina et s’amusait que la passion
entre Tristan et Yseult n’eût tenu qu’à un philtre d’amour. Il y avait aussi Nemorino, tendre
paysan qui aimait Adina et rêvait d’un tel philtre miraculeux pour conquérir le coeur de la belle.
Et puis un charlatan rusé qui vendit au jeune écervelé un bon Bordeaux en guise d’élixir d’amour.
Et encore un fringant sergent qui voulut s’offrir la charmante Adina en souvenir de son passage…
L’Élixir d’amour distille habilement tous ces ingrédients pour que les quiproquos se multiplient,
que l’on ruse et s’amuse, que l’amour aille et vienne au fil des airs. Et que tout finisse bien.
Avec un évident savoir-faire, Gaetano Donizetti fit de ce conte pastoral, naïf et sans prétention,
une oeuvre légère où son goût du chant et des voix rejoignait celui du public qui, reconnaissant,
enthousiaste, lui offrit en retour un triomphe international immédiat.
13 symphonies, 18 quatuors, 3 quintettes, 28 cantates,
115 autres compositions religieuses, pièces de musique de
chambre, oratorios, pièces de salon… Dresser un inventaire
des partitions de Gaetano Donizetti donne le tournis.
Mais dans cette oeuvre prolixe, jalonnée de succès, c’est
avant tout à l’opéra, avec pas moins de 73 titres en 27
ans, que le compositeur dut sa notoriété, laissant pour la
postérité aussi bien son Don Pasquale de 1843 que La Fille
du régiment et La Favorite de 1840 ou, évidemment, sa Lucia
di Lammermoor de 1835, et, bien sûr, L’Élixir d’amour dont
le triomphe à sa création en 1832, après celui de L’Exilé de
Rome en 1828 et de Anna Bolena en 1830, lui valut d’être
nommé maître de chapelle et professeur de composition,
puis maître de contrepoint au Real Collegio de Naples.
Cette facilité d’écriture, Donizetti en fit d’ailleurs rapidement
sa marque de fabrique. « Vite et bien » devint sa
devise et c’est tout naturellement que le directeur du Teatro
alla Cannobiana de Milan, lâché par un compositeurà quelques jours de l’ouverture de la saison lyrique, fit appel à ce jeune maestro de 34 ans, encore auréolé de la gloire de
son Anna Bolena, pour sauver sa programmation. Donizetti
ne savait pas seulement composer de la musique avec
aisance — il signait avec cette commande son trentième
opéra, il apprit aussi à composer avec le goût du moment.
Après l’échec tout frais de son Ugo Conte di Parigi à la
Scala, il se devait une revanche. Il la tenait peut-être avec
Eugène Scribe, ce librettiste fécond qui, aidé de nombreux
collaborateurs, enchaînait les succès parisiens et dont
Le Philtre, mis en musique par le très à la mode Daniel
François Esprit Auber, enchantait la capitale française
depuis un an.
Le Philtre, promptement adapté par le librettiste Felice
Romani qui venait de partager l’échec de la Scala, devint
donc L’Élixir d’amour dans lequel Donizetti rendait
hommage à son maître, Simone Mayr, prenait à Naples
la cocasserie que Pergolesi lui avait laissée, cherchait
en Rossini la légèreté, la prouesse vocale et le brio
orchestral qui réjouissaient tant le public italien.
Le succès fut immédiat, le critique de La Gazetta di Milano
s’enthousiasma dès le lendemain : « Le style en est brillant,
le passage du bouffe au sérieux est effectué avec des gradations
surprenantes et les émotions sont traitées avec une passion
vraiment musicale ». Avant d’ajouter : « le compositeur
fut applaudi pour chaque morceau et, quand le rideau tomba
sur le deuxième acte, il fut acclamé sur scène ».
La revanche était prise, le pari gagné.
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