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— Singspiel — en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie le Jeune, d’après le livret de Christoph Friederich Bretzner
pour l’opérette Belmont und Constanze oder die Entführung aus dem Serail de Johann André.
Créé le 16 juillet 1782 au Burgtheater de Vienne.
Direction musicale Sascha Goetzel
mise en scène Alfredo Arias
décor Roberto Platé
costumes Adeline André
lumiere Jacques Rouveyrollis
Avec
Elena Gorshunova, Konstanze
Frédéric Antoun, Belmonte
Beate Ritter, Blonde
François Piolino, Pedrillo
Jan Stava, Osmin
Markus Merz, Selim
Choeur d’Angers Nantes Opéra
Direction Sandrine Abello
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra national de Montpellier, Opéra Royal de Wallonie - Liège.
[Opéra en allemand avec surtitres en français]
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Nantes / Théâtre Graslin
vendredi 15, dimanche 17, mardi 19, vendredi 22, dimanche 24
mars 2013
Angers / Grand Théâtre
mercredi 3, vendredi 5, dimanche 7 avril 2013
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30
Lire la revue de presse.

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Il n’est pas si fréquent qu’une jeune fille et sa fraîche servante
soient enlevées en pleine mer par des pirates pour être vendues au désir amoureux d’un pacha et de son intendant.
Ni que l’une et l’autre s’y refusent en espérant que
leurs fiancés arrivent à temps pour les ravir et les libérer.
C’est pourtant bien ce qui arrive à Konstanze, la fiancée
de Belmonte, et à Blonde, sa servante, dont le prétendant
Pedrillo, opportunément capturé avec les deux promises, est
un utile jardinier du palais pour qu’ils puissent s’évader de
cet Orient de fantaisie où il y a plus à rire qu’à trembler.
Mozart est à son aise dans cette turquerie où il peut joyeusement
mener musique au rythme des flûte piccolo, grosse
caisse, cymbales et triangle, enfoncer le méchant dans des
graves redoutables et offrir aux fidèles amoureuses de ces
vertigineuses prouesses vocales qui, en quelques airs, savent
suspendre la comédie pour saisir le spectateur de l’émotion
la plus pure et la plus sincère.
« Jamais un coeur né dans la liberté
Ne se laisse réduire en esclavage ;
Même s’il perd cette liberté,
Il en reste fier, défie le monde. »
Blonde, L’Enlèvement au sérail
Konstanze, l’héroïne de L’Enlèvement au sérail, porte le même prénom que la jeune Weber qui, à vingt ans, à peine trois semaines après la première de cet opéra, se mariera avec Wolfgang Amadeus Mozart. Même si
la similitude des prénoms n’est due qu’au hasard du livret de Gottlieb Stephanie, l’existence de cette future épouse qui l’accompagnera jusqu’à la mort a de toute évidence inspiré le compositeur. Pourtant, plus qu’une
copie du réel, Konstanze est un idéal féminin. Rien d’irraisonné dans son amour, rien d’hésitant dans son émoi, seulement la peur d’être séparée, la douleur d’engendrer le doute. Touchante autant qu’aimante, cette
femme-là n’a cessé de hanter les opéras de Mozart dans lesquels, quel que soit son prénom ou son titre, elle
vient toujours opposer la force de l’amour à l’amour forcé.
Une subite fièvre amoureuse de Mozart pour Konstanze qu’il épousa contre l’avis paternel et à laquelle
il ferait six enfants en neuf ans, suffirait-elle à expliquer la joie mutine qui baigne L’Enlèvement au sérail ?
Ce serait oublier que ce mariage en finissait surtout avec le regret d’Aloysia, la soeur de Konstanze, dont le
compositeur s’était follement épris quatre ans plus tôt avant qu’elle ne lui préférât un autre époux. Plus que
les bienfaits de l’amour, il vaudrait donc mieux y voir la secrète jubilation d’un Mozart dans la force de son
art qui, à Vienne depuis un an, tout à la fois débarrassé du contrôle d’un père resté à Salzbourg et affranchi
de l’emprise du prince-archevêque qu’il venait de servir pendant onze ans avant d’être congédié comme un
voyou, pouvait enfin prétendre à son plus cher désir : composer librement.
Mozart rêvait d’opéras allemands pour asseoir sa notoriété de compositeur à Vienne, l’empereur Joseph
II rêvait d’opéras allemands à donner au Burgtheater. Joseph II passa commande, Mozart lui composa son
premier opéra en langue allemande avec une fougue toute juvénile. Dramaturge autant que musicien pour
que rien ne lui échappe, s’amusant du contraste entre le rude parlé des puissants et le chant raffiné de leurs
prisonniers, guidant adroitement un librettiste accommodant, sacrifiant la logorrhée héritée de l’opérette
d’origine pour que seule la partition soit foisonnante, anoblissant les mots et tournures qu’il trouvait
vulgaires, sabrant les rimes qui ne servaient que d’autres rimes car « dans un opéra, il faut absolument que
la poésie soit fille obéissante de la musique », il voulait évidemment, pour ses grands débuts de compositeur
indépendant, éblouir l’empereur et le public viennois. Il leur offrit le premier chef-d’oeuvre du singspiel
germanique.
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