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Comédie lyrique en trois actes.
Livret de Arrigo Boito d’après Les Joyeuses Commères de Windsor et plusieurs passages de Henri IV de William Shakespeare. Créé à La Scala de Milan, le 9 février 1893.
Direction musicale Mark Shanahan
Mise en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser
Décor Christian Fenouillat
Costumes Agostino Cavalca
Lumière Christophe Forey
[Opéra en italien avec surtitres en français]
avec
John Hancock, Sir John Falstaff
Tassis Christoyannis, Ford
Véronique Gens, Mrs Alice Ford
Amanda Forsythe, Nannetta
Luciano Botelho, Fenton
Elena Zilio, Mrs Quickly
Leah-Marian Jones, Mrs Meg Page
Colin Judson, Dottor Cajus
Eric Huchet, Bardolfo
Jean Teitgen, Pistola
Choeur d’Angers Nantes Opéra
— Direction Xavier Ribes —
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes.
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NANTES / Théâtre GRASLIN
dimanche 13, mardi 15, vendredi 18, dimanche 20, mardi 22 mars 2011
ANGErS / LE QUAI
jeudi 31 mars, dimanche 3 avril 2011
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30
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Longtemps Giuseppe Verdi rêva du Roi Lear dont le règne cruel et solitaire s’éteint dans la folie.
Il n’en laissera qu’un livret inachevé mais, de Macbeth à Otello, Shakespeare ne l’a jamais quitté.
A soixante-dix neuf ans, délaissant les fresques historiques que sa musique avait si bien servies,
c’est vers le Shakespeare des comédies qu’il se tourne finalement pour lui emprunter son Falstaff,
truculent personnage dont la rondeur bouscule Henri IV et Les Joyeuses Commères de Windsor.
Comme pressé par l’urgence de l’âge, Giuseppe Verdi ne s’encombre ici d’aucune ornementation,
dévore l’abondance des mots et l’accumulation des scènes avec un sens consommé du théâtre,
fond les airs en un arc-en-ciel de nuances et, plutôt que de céder à la tristesse d’une oeuvre
testamentaire, fait de son Falstaff un magnifique festin musical, un chatoyant hommage à la vie.
Verdi était patriote, enflammé, passionné par le fracas
de l’histoire qui charrie nobles causes, batailles et luttes
intestines. Il s’était voulu la voix de l’Italie de son temps,
troublée, en pleine mutation, en irriguant la plupart de
ses opéras d’une musique qui lui ressemblait, sanguine et
exaltée. Il admirait Shakespeare dont le souffle poétique
avait su attiser la mémoire collective de son peuple, et
Le Roi Lear, dont il avait si longtemps nourri le projet, qui
portait en lui la plupart de ses obsessions — l’impossible
cohabitation entre amour et action, la trahison, et, bien sûr,
la folie et la mort qui guettent les hommes de pouvoir —,
semblait un sujet idéal pour quitter en beauté le devant de
la scène. Le Roi Lear ne vit jamais le jour. Giuseppe Verdi
fut sans doute pris de vertige : « La scène où Lear se trouve
seul sur la lande m’a terrifié », confia-t-il un jour à un
disciple. Falstaff n’en est pas pour autant un choix par
défaut, une faiblesse sénile du compositeur comme le lui
ont parfois reproché ses admirateurs. Car, en oubliant Lear
pour Falstaff, ce jouisseur philosophe, nostalgique de sa
grandeur, qui se joue du monde et dont le monde se joue,
Verdi s’évitait de porter sur son temps un regard désespéré et s’offrait une nouvelle jeunesse artistique.
Avec une surprenante énergie créative, il se débarrasse
sans regret des conventions de l’opéra italien, fait preuve
d’une incroyable modernité musicale qui influencera les
jeunes compositeurs d’opéras, suit ligne à ligne le livret
pour qu’il s’enrichisse de toutes les nuances du personnage
dans l’oeuvre shakespearienne et, en homme de théâtre
avisé, résiste aux artifices inutiles afin que l’action et
le sens restent au centre de son ultime opéra : « Vous me parlez du décor, des costumes, des machines, des
lumières ! Pour l’amour du ciel, ne faisons pas comme pour
Otello. A vouloir trop bien faire on en fait trop. »
Entre comédie et conte sans morale, c’est sa propre fin
que Verdi met en scène. Planté dans son théâtre, il s’amuse
d’un rien, s’effraie de peu, gronde sans sermonner, joue
avec une gravité enfantine et, comme pour s’éviter les
pièges effrayants de la vieillesse, interdit à son Falstaff
tout ce qui pourrait lui être fatal : « Gros-Ventre est sur le
chemin qui mène à la folie. Il y a des jours où il ne bouge pas,
où il dort et où il boude ; à d’autres moments il crie, il court,
il saute, il fait un tas d’histoires... Je le laisse enrager un peu ;
mais s’il continue, je lui mettrai une muselière et l’habillerai
d’une camisole de force. »
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