- Dramma giocoso - en quatre actes.

Livret de Lorenzo da Ponte, d’après la pièce La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro de Pierre Caron de Beaumarchais. Créé au Burgtheater de Vienne, le 1er mai 1786.

Direction musicale Mark Shanahan
Mise en scène Patrice Caurier et Moshe Leiser
Décor Christian Fenouillat
Costumes Agostino Cavalca
Lumière Christophe Forey

avec

Andrè Schuen, le comte Almaviva
Nicole Cabell,
la comtesse
Almaviva Peter Kálmán,
Figaro
Hélène Guilmette,
Suzanne
Rosanne van Sandwijk,
Chérubin
Jeannette Fischer,
Marcelline
Fulvio Bettini,
Docteur Bartolo
Gilles Ragon,
Don Basilio
Éric Vignau,
Don Curzio
NN,
Antonio
Dima Bawab,
Barberine        
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.
[Opéra en italien avec surtitres en français]

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

lundi 6, mercredi 8, vendredi 10, dimanche 12, mardi 14 mars 2017

ANGERS GRAND THÉÂTRE

mercredi 5, vendredi 7, dimanche 9 avril 2017

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

 

Il aura suffi que le comte Almaviva succombe à la tentation de séduire la camériste de sa femme, veuille user de ce droit du seigneur qu’il prétend abolir, pour que le jour du mariage de son valet de chambre Figaro avec la trop désirée Suzanne devienne une folle journée. Tout y est chamboulé, la fierté de Figaro, la vertu de Suzanne, la tendresse de la comtesse, le fol émoi de Chérubin, l’amour de Marcelline, la vengeance de Bartolo, la calomnie de Basilio, le bon sens du jardinier… Tout vacille en ce vieux monde, perclus de morale et de libertinage, qui n’espère plus que sa fin.
Il y a beaucoup de Mozart dans le personnage de Figaro et de très beaux restes de Beaumarchais dans le livret policé de Lorenzo da Ponte. Mais à eux deux, le verbe s’inclinant devant la musique, la composition sublimant la poésie, ils signent une œuvre de génie qui ne doit rien à personne. Mélange des styles, conflits des milieux, légèreté mélodique, virtuosité instrumentale et vocale, rien ne manque pour mieux cerner la subtilité des personnages, en faire éclore la fragile intimité. Et faire glisser la comédie vers cette émotion aux larmes retenues où la conduit le désir contrarié.
Dans la Vienne de 1785 où Mozart s’est établi comme compositeur indépendant depuis que le prince-archevêque de Salzbourg l’a brutalement congédié quatre ans plus tôt, lors d’un déplacement dans la capitale autrichienne, on n’a désormais de goût que pour l’opéra italien. Y compris l’empereur Joseph II qui pourtant admire la musique de Mozart mais estime qu’il « n’a pas écrit pour la scène, une seule fois exceptée, et cette exception ne vaut pas grand chose. » Ce « pas grand chose » n’est rien d’autre que L’Enlèvement au sérail, expressément demandé en allemand par ce même empereur, et qui fut créé en 1782 à Vienne avec un succès qui ne s’est jamais démenti par la suite.
Alors Mozart cherche matière à opéra, l’œuvre dont il pourra obtenir la commande de cet empereur qui, déjà, l’apprécie et le protège. Il compulse une centaine de livrets allemands, italiens, ébauche, désespère. Et puis, en 1783, il rencontre l’abbé Lorenzo da Ponte, poète raffiné, libertin, et librettiste impérial. L’envie de collaborer est immédiate. Da Ponte propose un livret que Mozart accepte si l’Italien « accepte de le tailler à [son] goût », en compose ce qui pourrait devenir Lo Sposo Deluso mais finit par renoncer. C’est alors qu’apparaît Emmanuel Schikaneder, le cher ami de Salzbourg. Le futur complice de La Flûte enchantée vient de s’installer à Vienne avec sa troupe, veut y présenter Le Mariage de Figaro, le succès au parfum de scandale de Beaumarchais qu’il est interdit de jouer en français mais dont la traduction en allemand vient d’être autorisée. Tout aussitôt interdite à la scène. Qu’importe ! Mozart tient son sujet !
C’est qu’il y a du Figaro en Mozart, lui qui écrivait à son père en juin 1781 : « C’est le cœur qui ennoblit l’homme. Je ne suis pas comte, mais j’ai peut-être plus d’honneur au cœur que bien des comtes, et, valet ou comte, du moment qu’il m’outrage c’est une canaille ! » Enthousiaste, le compositeur peine à convaincre da Ponte qui, finalement acquis et bien en cour, bataille plusieurs mois pour que l’empereur revienne sur son interdiction. Il gagne, en faisant miroiter que la sulfureuse pièce française deviendra, sous sa plume, un aimable opéra italien. En octobre 1785, il n’est que temps de se mettre au travail. Da Ponte écrira dans ses mémoires : « Je me suis mis à l’ouvrage et au fur et à mesure que j’écrivais les paroles, il en faisait la musique. En six semaines, tout était terminé ». Mozart signe sa partition le 29 avril 1786, la première a lieu le 1er mai, célébrant ainsi l’un des plus beaux mariages artistiques qui soit, celui de Mozart et da Ponte, qui donnera naissance à Don Giovanni l’année suivante et Così Fan Tutte, quatre ans plus tard.
     
 

 

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