- Conte musical - en trois tableaux.

Livret de Adelheid Wette, d’après Hänsel und Gretel, conte populaire recueilli par les frères Grimm dans le premier volume des Contes de l'enfance et du foyer [Kinder-und Hausmärchen].
Créé au Théâtre Grand-Ducal de la cour de Weimar, le 23 décembre 1893.

 

Direction musicale Thomas Rösner
Mise en scène Emmanuelle Bastet
décor Barbara de Limburg
costumes Véronique Seymat
Lumière François Thouret

avec
Vincent Le Texier, Pierre
Eva Vogel, Gertrude
Marie Lenormand, Hansel
Norma Nahoun, Gretel
Jeannette Fischer, La Sorcière Grignote
Dima Bawab, Le Marchand de sable et la Fée rosée
Maîtrise de la Perverie Direction Gilles Gérard
Chœur d’Angers Nantes Opéra Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.
[Opéra en allemand avec surtitres en français] 

 

 

Cet opéra sera diffusé sur France Musique samedi 26 décembre 2015 à 19h
dans l’émission SAMEDI SOIR À L’OPÉRA présentée par Judith Chaine.

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

vendredi 11, dimanche 13, mardi 15, jeudi 17, vendredi 18 décembre 2015

 

ANGERS LE QUAI

mardi 5, mercredi 6 janvier 2016

 

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

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Le triste monde, si pauvre, si isolé, dans lequel survivent Hansel et Gretel n’a rien d’un conte de fée. Par chance, le frère et la sœur sont aussi des enfants, petits compagnons d’infortune qui s’aiment, secouent la misère de leurs rires clairs, de leurs jeux innocents et de leurs ritournelles enfantines. Leurs ventres vides font naître d’étranges visions, des rêves délirants de sucre et de chocolat dans lesquels ces petits audacieux, bravant mère autoritaire et terreurs puériles, plongent en plein merveilleux, au nez et à la barbe à papa de la sorcière Grignote. Un vrai conte de fée, finalement.
Plus qu’à la cruelle adaptation de ce conte populaire par les frères Grimm, c’est au livret qui s’en inspire, celui qu’écrivit Adelheid Wette, l’affectueuse sœur de Engelbert Humperdinck, celle qui aimait tant raconter des histoires, que l’on doit la délicate tendresse qui baigne ce conte musical. Empruntant de son ampleur tragique et de sa puissance magique à Richard Wagner, l’ami vénéré, Humperdinck enrichit, adoucit sa musique de sa propre fantaisie, déroulant airs, rires, rondes et danses comme un tapis soyeux sur lequel Hansel et Gretel peuvent gambader joyeusement.
 
Richard Wagner ne fit pas qu’influencer le jeune Engelbert Humperdinck, il lui fit durablement de l’ombre, presque sans le vouloir. Car comment survivre à l’écrasante amitié de celui qu’on admirait depuis l’adolescence au point d’intégrer, la vingtaine passée, Les Chevaliers de l’Ordre du Saint-Graal, ce « club » entièrement dévoué au culte du maître du Ring ? Oui, comment ne pas être impressionné par celui qui, rencontré à 26 ans, vous offrit aussitôt sa confiance et vous proposa, deux mois plus tard, d’être son assistant pour la création de Parsifal à Bayreuth en 1882 ? Comment résister à la torpeur quand mourut ce protecteur le 14 février 1883 ? « Le Monde et l’Histoire diront : “Wagner est mort quand il le fallait, il a achevé son œuvre.” Pour moi seul il est mort trop tôt », confia-t-il inconsolable.
 
Cet héritage wagnérien lui valut l’hostilité des milieux conservateurs, alors même qu’un deuil artistique paralysait déjà ses compositions. Le salut lui vint probablement, sans qu’il le sût, de sa sœur Adelheid Wette, en ce 18 avril 1890 où elle lui demanda de la musique pour Hansel et Gretel dont elle voulait organiser une représentation d’enfants à l’anniversaire de son mari : « Aide-moi, je t’en prie, et fais-moi quelque chose de bien mignon, de bien populaire. C’est la plus réussie de mes œuvrettes, mon bébé chéri. »  Pris au jeu de cette commande familiale, il fit plus que prévu, avouant à Hedwig, sa fiancée : « Chaque fois que je m’y mets, je ne peux résister à l’envie de mettre tout en musique. Si je ne me retiens pas, je n’en finirais jamais ! » Quelques mois plus tard, en octobre 1891, il lui écrivit de nouveau, non sans humour : « Hansel et Gretel me font le même effet qu’à toi ton état de fiancée : plus cela dure, plus je suis découragé. » Ses snobs amis eurent beau se gausser de cet enfantillage, il poursuivit jusqu’en 1893.
Bien lui en prit. Après de difficiles débuts à la scène, son Hansel et Gretel allait conquérir l’Allemagne, y devenir l’incontournable spectacle pour les fêtes, lui rapporter deux millions de marks-or, rien qu’entre 1900 et 1910. Contrairement à d’autres, son ami Richard Strauss avait saisi, dès octobre 1893, la valeur de son travail : « Quel humour rafraîchissant, quelle exquise naïveté mélodique, quel art et quelle finesse dans le traitement de l’orchestre, quelle perfection dans la construction de l’ensemble, quelle invention florissante, quelle merveilleuse polyphonie, et le tout original ; nouveau et si véritablement allemand. » Et de prédire : « Mon cher ami, tu es un grand maître qui fais aux Allemands un cadeau qu’ils méritent à peine, mais qu’ils sauront sans doute apprécier à sa juste valeur… »
 

 

     
 

 

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