 |
|
— Opéra-bouffe — en quatre actes.
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Version en cinq actes créée au Théâtre du Palais-Royal de Paris, le 31 octobre 1866.
Version en quatre actes créée au Théâtre des Variétés de Paris, le 25 septembre 1873.
Direction musicale Claude Schnitzler
Mise en scène Carlos Wagner
décors Rifail Ajdarpasic et
Ariane Isabell Unfried
costumes Patrick Dutertre
Lumière Marie Nicolas
chorégraphie Ana Garcia
Avec
Amel Brahim-Djelloul— Gabrielle
Marc Mauillon— Bobinet
Christophe Gay— Raoul de Gardefeu
Emilie Pictet— Métella
Franck Leguérinel— le Baron de Gondremarck
Sophie Angebault— la Baronne Christine de Gondremarck
Bruno Comparetti— le Brésilien
François Piolino— Frick
Christophe Mortagne— Prosper
Catherine Dune— Pauline
Eric Vrain— Urbain
David Lefort— Alfred
Choeur d’Angers Nantes Opéra
— Direction Sandrine Abello —
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra national de Lorraine,
Folies Lyriques, créée à Nancy le 26 décembre 2009
[Opéra en français avec surtitres]
|
Nantes / Théâtre Graslin
dimanche 11, mardi 13, mercredi 14, vendredi 16, dimanche 18 décembre 2011
Angers / Le Quai
mercredi 4, jeudi 5, dimanche 8 janvier 2012
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30
 
|
|
|
«Ce que je veux de toi, Paris,
ce que je veux,
ce sont tes femmes,
ni bourgeoises,
ni grandes dames,
mais les autres...
l’on m’a compris !»
Le Brésilien, La Vie parisienne
Jacques Offenbach aimait le succès. Par chance pour lui, le
succès l’aimait aussi. La Vie parisienne en est la plus parfaite
illustration avec un triomphe dès la première séance et 264
représentations dans la foulée. Un succès soigneusement
orchestré par les directeurs du Théâtre du Palais-Royal qui,
en engageant en 1865 le trio gagnant Offenbach, Meilhac et
Halévy — auquel on devait déjà La Belle Hélène et Barbe-
Bleue —, entendaient bien engranger de confortables recettes
avec les visiteurs de l’exposition universelle de 1867. Pour
Offenbach, le créateur très en vogue de l’opéra-bouffe français,
ils n’hésitèrent pas à chasser de leur scène les comédies
légères habituées du lieu. Ils n’eurent pas à le regretter,
l’oeuvre y fut donnée 383 fois. Même Eugène Labiche, auteur
très prisé d’une bonne cinquantaine de vaudevilles — ce qui
lui valut un fauteuil à l’Académie Française en 1880 — et
qui, mauvais perdant, avait ricané aux laborieuses premières
répétitions de La Vie parisienne qui le privait de « son » Palais-
Royal, finit par reconnaître la réussite de l’entreprise : « C’est
insensé, c’est le genre Charenton ; cela n’a aucune forme comme
pièce ; mais c’est amusant, grotesque, bouffon et spirituel. ».
Toute l’habileté du compositeur et de ses librettistes a été
d’offrir aux touristes le Paris qu’ils attendaient, ses paillettes,
son champagne, ses amourettes distrayantes et vénales, ses
lumières et ses fêtes coûteuses, tout en se moquant sans
prévenance de ces mêmes touristes. Encore fallait-il pouvoir
le faire avec talent. Le talent, le trio n’en manquait pas.
Enchaînant les scénettes sur cinq actes comme dans les
vaudevilles à la mode, ils rendirent la mécanique encore plus
efficace dans la version en quatre actes qu’ils donnèrent au
Théâtre des Variétés à partir de 1873. Toujours avec succès.
Cette version y fut jouée plus de 250 fois avant la mort
d’Offenbach, en 1880 !
Pourtant, en plein Second empire, à l’approche de la guerre de
70, le tableau de ces moeurs relâchées et cette bonne humeur
assassine choquèrent une partie de la critique qui, comme le
beau-frère de Victor Hugo, y vit une « pornographie spirituelle ».
Mais comment lutter contre la musique endiablée d’Offenbach
qui phagocyte si bien la morale, avec des airs caustiques aussi
faciles à mémoriser que des chansons et des ensembles à
l’insolence joyeuse ? Peine perdue, La Vie parisienne fut et
restera le plus tentant, le plus décalé et le plus drôle des
dépliants touristiques.
|
|
|
Il serait vain de vouloir résumer La Vie parisienne tant les intrigues s’y chevauchent, les figures les plus improbables s’y
croisent, les rôles s’y échangent avec une rapidité déconcertante. Touristes étrangers pressés de dépenser, gens du monde
qui s’encanaillent et petites vertus qui se rangent, jeunes dandies qui s’ennuient et domestiques qui s’affranchissent, tous
ne sont menés que par l’espoir du plaisir et le désir secret d’aimer.
Croquant ses personnages d’un trait de plume digne du caricaturiste Daumier, dérobant au vaudeville la vivacité de ses
situations, empruntant à la revue l’efficace fluidité de ses tableaux pour montrer un Paris plus artificiel que nature,
Jacques Offenbach embarque tout son petit monde dans sa joyeuse folie. On s’y gausse des parvenus, on s’y moque de la
frivole bêtise, et la musique, délirante, entêtante, donne du rire au coeur et assure un tel succès mondial à La Vie parisienne
depuis sa création que le nom d’Offenbach a fini par se confondre à celui de son oeuvre.
|
|
|