- Opéra - romantique en trois actes

Livret de Richard Wagner d’après Parzival de Wolfram von Eschenbach et Lohengrin de Nouhuwius. Créé à l’Hoftheater de Weimar, le 28 août 1850.

Direction musicale Pascal Rophé

avec

Daniel Kirch, Lohengrin
Juliane Banse,
Elsa de Brabant
Jean Teitgen,
Heinrich l’Oiseleur
Catherine Hunold,
Ortrud
Robert Hayward,
Friedrich de Telramund
Philippe-Nicolas Martin,
Le Héraut              
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Chœur de l’Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon
Direction Noëlle Gény
Orchestre National des Pays de la Loire
Concert Angers Nantes Opéra. En partenariat avec l’Orchestre National des Pays de la Loire.
[Opéra en allemand avec surtitres en français]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NANTES LA CITÉ

vendredi 16, dimanche 18 septembre 2016

ANGERS CENTRE DE CONGRÈS

mardi 20 septembre 2016

 

en semaine à 19h, le dimanche à 14h30

 

 

 

Télécharger le programme

 

 

Qui est–il ce mystérieux chevalier à l’étincelante cuirasse d’argent qui surgit en plein Xe siècle sur les rives de l’Escaut à bord d’une nacelle tirée par un cygne ? Oui, qui est-il ce Lohengrin qui vient ainsi s’offrir en duel pour sauver l’honneur d’Elsa, duchesse de Brabant, et cueillir son cœur ? Pourquoi refuse-t-il de révéler son nom et ses origines ? Pourquoi garder un tel secret qui attise les convoitises, les doutes et les intrigues ? Il répondra. Au terme d’une tumultueuse et fastueuse épopée dont personne ne sortira indemne. Pas même lui, contraint d’y sacrifier gloire et bonheur.
Le puissant souffle romantique de la musique de Richard Wagner ranime des terres de légendes, se retient, insidieux, aussi ténu qu’une brume de violons sur une lande désertée par les dieux, avant que d’enfler, gronder, tempêter jusqu’à l’orage qui saisit les héros au cœur pur, les fourbes à l’âme noire, dans une bourrasque de cuivres et de chœurs. Tout en cette musique est démesure, tout y est spectacle, les songes y prennent corps, la beauté y est intense, le sacré n’est jamais loin quand l’amour et le destin s’y accouplent en un éblouissant lyrisme au goût de larmes et de sang.
Proche des milieux anarchistes dans les années 1840, mêlé à l’insurrection qui enflamme la Saxe en mai 1849, menacé par un mandat d’arrêt lancé le 16 de ce même mois par la police de Dresde, ville où il réside depuis six ans, Richard Wagner s’exile pour une douzaine d’années à Paris puis à Zurich. C’est là, bien loin de ses opéras de jeunesse, que se mûrit l’œuvre future. Il théorise ce qui n’est pas encore drame musical, cette révolution lyrique qui influencera des générations de compositeurs, mais déjà la quête d’une fusion totale entre poésie et musique dont la scène sera le creuset.
Dans ses cartons d’exil, Richard Wagner a gardé précieusement la partition du Lohengrin qu’il a composé avant l’insurrection et dans lequel il met à l’épreuve ses théories ainsi qu’il l’explique dans une lettre adressée à Franz Liszt le 2 juillet 1850 : « J’ai tâché cette fois d’établir un rapport si net, si plastique entre la musique, le poème et l’action, que je crois être parfaitement sûr de mon affaire. » Il échange d’ailleurs beaucoup avec Franz Liszt, le fidèle ami des années d’infortune qui comprend mieux que d’autres « le désir de l’artiste d’être entièrement perçu et compris par le sentiment », ainsi qu’il l’écrit dans Une communication à mes amis, le confident d’exil auquel il demande de veiller à ce que son opéra puisse être joué malgré son absence. Liszt fait mieux, il dirige la première de Lohengrin à Weimar le 28 août 1850.
Il faudra encore quatorze ans avant que la rencontre avec le jeune Louis II de Bavière, idolâtre mécène, permette à Richard Wagner de bâtir l’œuvre colossale, démesurée, qui soit à la hauteur de ses inspirations les plus folles mais la puissance poétique et singulière de Lohengrin marqua les esprits romantiques les plus aiguisés de son temps. Ainsi Charles Baudelaire qui écrit à propos du prélude du premier acte : « Je me souviens que, dès les premières mesures, je subis une de ces impressions heureuses que presque tous les hommes imaginatifs ont connues, par le rêve, dans le sommeil ». Le poète avait compris que Lohengrin n’était pas que féérie et mythologie mais bien une plongée dans les songes les plus extrêmes, un paradis hallucinatoire où l’on pourrait cueillir les fleurs du mal : « Bientôt j’éprouvai la sensation d’une clarté plus vive, d’une intensité de lumière croissant avec une telle rapidité, que les nuances fournies par le dictionnaire ne suffiraient pas à exprimer ce surcroît toujours renaissant d’ardeur et de blancheur. Alors je conçus pleinement l’idée d’une âme se mouvant dans un milieu lumineux, d’une extase faite de volupté et de connaissance, et planant au-dessus et bien loin du monde naturel. »
     
 

 

age précédente age précédente