cliquez sur le titre de votre choix

Opera Seria en trois actes.

Livret de Giovanni de Gamerra.

Créé au Teatro Ducale de Milan, le 26 décembre 1772.

Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes.

[Opéra en italien avec surtitres en français]

Autour de Lucio Silla

> Lire le programme

Direction musicale : Thomas Rösner

Mise en scène : Emmanuelle Bastet

Scénographie et Costumes : Tim Northam

Lumière : François Thouret


AVEC


Tiberius Simu,Lucio Silla

Paola Gardina, Cecilio

Jane Archibald, Giuna

Jaël Azzaretti, Lucio Cinna

Céleste Lazarenko, Celia

Howard Crook, Aufidio


CHœUR D'ANGERS NANTES OPéRA

DIRECTION : XAVIER RIBES

Orchestre National des Pays de la Loire




NANTES

Théâtre Graslin
dimanche 7, mardi 9, jeudi 11,
dimanche 14, mardi 16 mars 2010

ANGERS

GRand théâtre
mercredi 24, vendredi 26, dimanche 28 mars 2010

EN SEMAINE A 20H, LE DIMANCHE A 14H30

PRIX DES PLACES 55 € | 45 € | 35 € | 30 € | 20 € | 10 €




« Que les tyrans redoutent
Les meurtres et les chaînes,
Seul sourit face à la mort
Qui possède un coeur sans faute. »

Cinna, Lucio Silla

Comme souvent chez Mozart, il est périlleux d’aimer et douloureux de vivre. Ici, à tout juste seize ans, il s’inspire du véritable Lucius Cornelius Sulla pour incarner sa gravité adolescente. A ce jeune dictateur romain, il offre le pouvoir d’épouser celle qu’il aime mais qui lui préfère son ennemi, d’étouffer les passions comme une guerre de palais, de risquer la mort par aveuglement amoureux. Ou de renoncer aux lauriers qui pèsent sur son front, d’en épouser une autre qui l’aime assez pour qu’il puisse l’aimer, et de pardonner à ceux qui ne l’ont offensé que par audace de lui avoir résisté.
La musique d’un Mozart déjà maître de son génie est à l’image de ce choix cornélien, naviguant dans le sombre des tourments avec une agilité déconcertante, lumineuse et colorée, préservant à ses tendres héros, dans la pénombre de l’intrigue, des airs purs et aériens d’une grâce absolue.


Mozart n’a pas eu de jeunesse. L’ambition que son père nourrissait pour ce surdoué de la musique le fit travailler sans relâche dès ses premières notes à trois ans, apprendre le clavecin à cinq ans, puis le violon, l’orgue et la composition. Il n’a que six ans quand son père, agent improvisé, l’emmène en tournée à travers l’Europe. On l’exhibe devant des audiences de choix, il rencontre le fils de Jean-Sébastien Bach qui lui fait découvrir l’opéra italien et lui apprend à construire une symphonie. Et, à onze ans, il compose Apollo et Hyacinthus, son premier opéra.

Quand, entre 1769 et 1773, il se rend régulièrement en Italie pour y étudier l’opéra et recevoir de multiples honneurs, il n’a pas cette nécessité d’indépendance qui lui fera quitter Salzbourg, sa ville natale, en 1776, il n’a pas encore connu le désespoir amoureux auquel il succombera à vingt-trois ans, mais il plonge dans les noirs états d’âme adolescents. Ces doutes sur ce qu’il crée, sur ce qu’il est, ne le quitteront plus. Chaque tiédeur du public lui semble un désaveu, chaque projet qui vacille un affront. Quand il emprunte à l’antique le personnage de Lucio Silla, il a perdu ses privilèges d’enfant prodige, son protecteur le prince-archevêque Schrattenbach, redoute son retour au pays où l’attend son nouvel employeur, le prince-archevêque Colloredo, qui n’aime pas le voir partir en voyage et lui impose la forme des pièces qu’il doit écrire pour les cérémonies religieuses. Composer devient alors un refuge, Lucio Silla son premier remède, au point qu’il confiera à sa soeur dans une lettre : « Je ne sais ce que j’écris, car je ne pense qu’à mon opéra, et risque de t’adresser non des mots, mais un air tout entier ».

L’accueil de cette oeuvre fut moins enthousiaste que ne l’écrivit le père de Mozart. Le public de l’opera seria était déconcerté par cet extrême dépouillement perdu dans un noeud de complexité. On préféra dire que le livret était indigent et la musique inégale. Sans doute victime de cette ancienne mauvaise réputation, l’oeuvre est peu donnée en France même si, en 1984, le metteur en scène Patrice Chéreau prit superbement sa défense en affirmant à ceux qui faisaient la moue : « Voici un objet unique, au contraire, où, d’un coup, tant d’aveux sont jetés, tant d’émois sont racontés ». Il rendait ainsi justice à cet opéra de l’adolescence dans lequel les indécisions n’ont rien d’une maladresse mais expriment un vrai dilemme :
« quitter les hésitations ou succomber aux paralysies de la volonté ».



cliquez sur le titre de votre choix