- Opérette - en trois actes.

Livret d’Albert Vanloo et Georges Duval. Créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens de Paris, le 16 novembre 1897.

 

Direction musicale Pierre Dumoussaud
Mise en scène Rémy Barché
Assisté de : Alix Fournier-Pittaluga
Scénographie : Salma Bordes
Costumes : Oria Steenkiste
Lumières : Florent Jacob
Illustrations : Marianne Tricot
Vidéo : Stéphane Bordonaro
Son : Antoine Reibre
Régie générale : Camille Faure

avec

Marie-Blanche : Violette Polchi
Blanche-Marie : Anne-Aurore Cochet
Mlle Herpin : Caroline Meng
Gaston : Philippe Estèphe
Général des Ifs : Boris Grappe
Monsieur Michu : Damien Bigourdan
Madame Michu : Marie Lenormand
Aristide : Artavazd Sargsyan
Bagnolet : Romain Dayez
     
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire

Nouvelle production. Coproduction Angers Nantes Opéra. Production exécutive compagnie Les Brigands.
Production déléguée Bru Zane France.
[Opéra en français avec surtitres]

 

 

 

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

dimanche 13, mardi 15, jeudi 17,
mercredi 23, jeudi 24 mai 2018

ANGERS GRAND THÉÂTRE

dimanche 10, mardi 12 juin 2018

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

Représentations en audiodescription

NANTES dimanche 13 mai

ANGERS mardi 12 juin

 

 

Lorsque le marquis des Ifs confia sa nouvelle née au fromager Michu avant de fuir la Révolution, il ne pouvait imaginer dans quel bain il la mettait… celui qu’elle prendrait avec la fille des Michu. Elles étaient si petites, si semblables que leur destin faillit se jouer dans l’eau de cette baignoire quand le brave Michu, incapable de les distinguer, les rebaptisa Marie-Blanche et Blanche-Marie. Tout le monde les crut jumelles, elles aussi, les coeurs ne surent plus comment battre, les familles se disputèrent les demoiselles mais tout finit par se dénouer dans une tendre ambiance surannée.
Difficile de résister au charme exquis de cette musique avec laquelle André Messager sut apprêter ce drame pour rire et sourire. Cent-vingt ans après sa triomphale création que suivirent tournées et reprises à Londres et jusqu’à Broadway, l’oeuvre n’a rien perdu de sa légèreté à peine acidulée. On feint de s’effrayer, on s’émeut sans honte, on tombe sous le charme de ces jeunes filles en fleur, de leurs voix tendrement enlacées en duo, on se surprend à fredonner les délicieuses ritournelles, on s’enflamme avec l’orchestre et l’on se réjouit de se promener dans ce juvénile monde enchanté.
André Messager, à l’image de Hervé, le compositeur de Mam’zelle Nitouche, mena dans les années 1880 une double vie musicale. Sérieux organiste à l’église la journée, il se métamorphosait en pétillant chef d’orchestre pour les Folies Bergère à la nuit tombée. Lui, l’élève de Gabriel Fauré et Camille Saint-Saëns, le lauréat du concours de la société des auteurs et compositeurs de 1876 pour sa Première Symphonie, composait aussi, avec une insouciante énergie, des ballets pour le célèbre music-hall. C’était talentueux, c’était léger, et cela lui permit d’obtenir la direction musicale et des ballets à l’Eden Théâtre de Bruxelles pendant un an. On l’apprécia, on lui demanda même d’achever François les bas-bleus que Firmin Bernicat, emporté par la tuberculose, n’avait pu terminer. Et l’oeuvre triompha au Théâtre des Folies-Dramatiques de Paris qui lui commanda aussitôt une opérette, La Fauvette du Temple. Il avait tout juste trente ans.
Nouveau succès avec La Béarnaise en 1885 puis avec Les Deux Pigeons pour le ballet de l’Opéra de Paris, contretemps avec Les Bourgeois de Calais qu’il signa pour l’Opéra-Comique en 1887 mais retour en grâce avec Isoline pour le Théâtre de la Renaissance l’année suivante, succès encore pour La Basoche en 1890, Madame Chrysanthème en 1893, rien ne semblait pouvoir arrêter l’irrésistible ascension de Messager dont on savourait les musiques accessibles et raffinées, pas même l’accueil assez mitigé pour son Mirette au Savoy Theater de Londres en 1894… jusqu’à l’échec cuisant de son Chevalier d’Harmental en 1896. “Sa chute me fut d’autant plus pénible que j’y attachais une grande importance, confia-t-il, et pensais avoir donné là toute la mesure de ce que je pouvais faire”. Il pensa renoncer à la composition, s’exiler à Londres qui l’affectionnait tant comme chef d’orchestre mais il y eut un courrier d’Albert Vanloo et Georges Duval qui lui proposaient le livret des P’tites Michu. Et le goût, le plaisir de composer lui revinrent ! Il y mit tout son savoir-faire, la fluidité des mélodies, une orchestration subtile et riche, un classicisme assumé mais sans raideur, une émotion jetée à petites touches sur la partition, une élégance modeste, toutes ces vertus qui plaisaient tant à Claude Debussy et aux amis Gabriel Fauré et Camille Saint-Saëns. Le succès fut immédiat, les Bouffes-Parisiens en firent 150 représentations consécutives à la création, tournées en France, et puis la Suisse, l’Allemagne, Londres, Broadway et encore Paris douze ans plus tard. Dès lors André Messager resta célèbre, connut gloire et honneurs, n’accepta de disparaître en 1929 que “ pour voir comment on faisait de la musique de l’autre côté ”.
     
 

 

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