- Opéra - jeune public en trois actes

Livret de Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, d’après Little Nemo in Slumberland (1905) de Winsor McCay (1869-1934). Créé au Théâtre Graslin de Nantes, le 14 janvier 2017.

Direction musicale Philippe Nahon
Mise en scène Olivier Balazuc
Décor et costumes Bruno de Lavenère
Lumière Laurent Castaingt
Vidéo Étienne Guiol
son Christophe Hauser


avec

Chloé Briot, Nemo enfant
Richard Rittelman,
Nemo adulte, Flip
Hadhoum Tunc,
La Princesse, la Fée Cristalette, Stella
Bertrand Bontoux,
Le roi Morphée, Lunatrix
Florian Cafiero,
le Greffier, Docteur Pilule, le Chambellan
Cyril Rabbath,
Le Môme bonbon
Vincent Clavaguera,
Imp le sauvage         
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Ars Nova ensemble instrumental

Direction Philippe Nahon
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Dijon, Ars Nova ensemble instrumental.
Ce projet a bénéficié du soutien de l'association Beaumarchais-SACD.
[Opéra en français]

 

 

 

 

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

samedi 14, mercredi 18, samedi 21 janvier 2017

ANGERS GRAND THÉÂTRE

mercredi 22, vendredi 24 mars 2017

les vendredi et samedi à 20h et le mercredi à 15h

 

 


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Nemo fait peur. Enfin, ce qu’il est devenu, ce spéculateur sans scrupule, ses yeux éteints de rêves. Son enfance est à peine un souvenir, ce petit Nemo qui s’impatientait de la nuit pour retrouver Slumberland, le royaume de Morphée, pour y revoir sa si douce princesse, belle comme un songe. Il est temps aujourd’hui, quarante ans plus tard, alors que la disparition de sa mère le ramène à la maison, que ses larmes perlent sous les paupières, de se réconcilier avec l’enfant qu’il était, qu’il a perdu, de s’endormir enfin pour réveiller les rêves qu’il a délaissés mais qui ne l’ont jamais oublié.
Il y avait du Alice au pays des merveilles dans les oniriques aventures de Little Nemo in Slumberland que Winsor McCay dessina de 1905 à 1914 pour le New York Herald et le New York American. Avec une délicate nostalgie, Olivier Balazuc et Arnaud Delalande en écrivent, un siècle plus tard, une féérie de notre temps qui offre à David Chaillou une formidable matière à composition où les sons et les bruits les plus incongrus peuvent frayer avec d’exquises mélodies comme ressurgies de l’enfance ou d’arachnéennes ambiances qui invitent sans cesse au voyage. Au rythme des rêves.
Très jeune, Winsor McCay put frôler ses rêves du bout des doigts. Du bout de son crayon, plutôt, puisque sa passion du dessin, son talent à imaginer sur le papier des architectures complexes, aux perspectives sophistiquées, lui permirent, dès seize ans, d’entrebâiller les portes d’un monde imaginaire, utopique, dans lequel il ne cessera d’évoluer. Très vite, il est peintre publicitaire et décorateur itinérant. Il s’installe à Chicago à dix-sept ans, y poursuit ses études artistiques, y découvre, fasciné, ces incroyables gratte-ciels qui font renaître de ses cendres la ville détruite en plein cœur, sur dix kilomètres carrés, par l’incendie de 1871. Il s’y émerveille, comme vingt-deux millions de visiteurs, de l’exposition universelle de 1893 qui ouvre la voie à la modernité du siècle à venir. Son savoir-faire, sa rapidité d’exécution, il les peaufine pendant dix ans avec des milliers de dessins pour les visiteurs des parcs d'attraction à la mode.
À partir de 1897, il crée caricatures et dessins de science-fiction pour Life. La voie royale pour New York. En 1903. Repéré par James Gordon Bennett, le propriétaire du New York Herald et du Evening Telegram. Il peut enfin faire le métier de ses rêves et des rêves son métier. Des Cauchemars de l'amateur de fondue au Chester aux songes colorés de Little Nemo in Slumberland, ses bandes dessinées n’auront de cesse de lui faire traverser le miroir pour un univers personnel et novateur où les cases se brisent quand Little Samy éternue, les phylactères s’imposent, les tons pastels et les arabesques flirtent avec l’art nouveau. Plus d’un siècle plus tard, ce visionnaire est une référence et son œuvre est devenue culte.
Little Nemo in Slumberland, ce monde suave qui s’éveille le sommeil venu, ne pouvait que séduire Olivier Balazuc auquel on devait déjà le livret et la mise en scène de l’opéra jeune public de Franck Villard, L’Enfant et la nuit qu’Angers Nantes Opéra a présenté en janvier février 2012. Il y abordait ces terreurs nocturnes, surgies de l’inconscient, dont les grandes personnes s’amusent d’être libérées quand bien même elles en portent encore les blessures enfouies. Avec Arnaud Delalande en compagnon d’écriture pour ce Little Nemo de David Chaillou, ils repartent pour cette obscurité féconde, y entraînent un Nemo vieilli au cœur dur pour l’y guérir, avec la ferme intention « de proposer un opéra sur le réenchantement du monde ». Assis au bord de l’enfance perdue, ils s’interrogent, nous interrogent : « En quoi pouvons-nous croire ensemble ? Qu’avons-nous fait de notre faculté d’émerveillement ? Loin d’être une fuite ou un refuge, le monde des rêves ne serait-il pas le seul moyen de penser le monde ? De désirer notre réalité ? »
     
 

 

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