- Vaudeville-opérette - en trois actes.

Livret de Henri Meilhac et Albert Millaud. Créé au Théâtre des Variétés de Paris, le 26 janvier 1883.

Direction musicale Jean-Pierre Haeck
Mise en scène, scénographie et costumes Pierre-André Weitz
Lumière Bertrand Killy

avec

Valérie McCarthy, Denise de Flavigny
Eddie Chignara,
le Major, Comte de Château-Gibus
Antoine Philippot,
le Directeur
Damien Bigourdan,
Célestin
Samy Camps,
Fernand de Champlâtreux
Olivier Py,
Loriot
Pierre Lebon,
Gustave, officier
David Ghilardi,
Robert, officier
Piero
(alias Pierre-André Weitz), le Régisseur
Miss Knife,
la Supérieure / Corinne
Lara Neumann,
la Tourière / Sylvia
Clémentine Bourgoin,
Lydie
Ivanka Moizan,
Gimblette       
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire

Production Bru Zane France
Coproduction Angers Nantes Opéra / Opéra de Toulon / Opéra de Limoges / Opéra de Rouen Normandie / Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie
Résidence au Conservatoire Lully - Ville de Puteaux
Costumes réalisés par les ateliers d'Angers Nantes Opéra
[Opéra en français avec surtitres]

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

jeudi 14, vendredi 15, dimanche 17, mardi 19, mercredi 20 décembre 2017

 

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

Qu’il est émoustillant pour Célestin, vénérable professeur de musique au couvent des Hirondelles, de se métamorphoser chaque soir en Floridor, compositeur adulé de la scène parisienne à succès ! Qu’il est grisant pour son élève Denise de Flavigny, timide à la voix d’or, de se faufiler dans ses pas jusque sur les planches pour y chanter, y triompher, sous les beaux atours de Mam’zelle Nitouche ! Et tout en est chamboulé ! Le fiancé de Denise s’éprend de Nitouche, Denise croit en aimer un autre, Célestin court, Floridor tremble, tout valse, trépigne, se brise dans un étourdissant jeu de miroirs.
Hervé, le père de l’opérette, se complait dans cette folle intrigue dont le livret, joyeusement mijoté par Henri Meilhac et Albert Millaud, s’inspire sans vergogne de sa double vie d’organiste sérieux et de compositeur de musique légère. Il pousse cette fantaisie, aux dialogues dignes d’un Labiche, dans les retranchements du vaudeville, caracole sur le parlé-chanté, truffe son opérette d’airs au charme indéniable ou à la drôlerie un rien gaillarde, fait sonner orchestre et chœurs avec entrain et signe ainsi son œuvre la plus connue qui le fera entrer dans l’histoire et dans les mémoires.
Avec Les Chevaliers de la Table ronde, mis en scène par Pierre-André Weitz et présenté en janvier 2016 sur les scènes nantaise et angevine, nombre de spectateurs d’Angers Nantes Opéra découvraient Hervé, Le Compositeur toqué — titre de l’une de ses œuvres —, comme l’avait surnommé la critique de l’époque. Ce spectacle rendait justice à ce virtuose de la scène — chanteur, comédien, librettiste et compositeur — dont l’abattage se mit si souvent au service du renommé Jacques Offenbach, ce rival et ami dont la gloire finit par lui ravir la paternité de l’opérette et plongea dans l’ombre sa musique, légère et friponne.
Dans ce purgatoire de la notoriété auquel semblait condamné Hervé, lui dont les compositions avaient enthousiasmé le Tout-Paris de la fin du XIXe siècle avec plus d’une centaine d’opérettes, revues et ballets, ne restait plus guère qu’un titre, Mam’zelle Nitouche, pour le sauver de l’enfer de l’oubli. Il est logique que cette opérette, écrite sur mesure pour Anna Judic, star du Théâtre des Variétés de Jacques Offenbach, dans le rôle de Denise, jouée triomphalement 212 fois lors de sa création, sans cesse reprise avec succès jusqu’après la Libération, ait survécu dans les mémoires. D’autant que le cinéma, une première fois en 1931 dans le film de Marc Allégret avec Raimu, une deuxième fois en 1954 dans le film de Yves Allégret avec Fernandel, l’a immortalisée sur la pellicule et a permis d’en préserver le souvenir sur disque.
Cette longévité s’explique évidemment par la qualité d’une œuvre que beaucoup considèrent comme le testament musical de Hervé. L’emprunt au café-concert qui transforme les airs en chansons aisément mémorisables, le recours à des dialogues glissant subrepticement du parlé au chanté, et un livret qui, dans la pure tradition du vaudeville, privilégie une action riche en rebondissements plutôt que des scénettes prétextes à bons mots et clins d’œil à l’actualité, offraient à Mam’zelle Nitouche originalité et modernité, un filon que surent si bien exploiter les comédies musicales anglo-saxonnes par la suite.
Qui d’autre mieux que Pierre-André Weitz, passionné et talentueux « touche-à-tout » de la scène depuis l’enfance, fidèle scénographe des spectacles de Olivier Py — qui s’immisce d’ailleurs dans la distribution de cette production —, pouvait mieux servir aujourd’hui l’œuvre de « l’homme-orchestre » Hervé, partager sa déroutante folie, exhumer avec entrain et raviver, sans désuète nostalgie, la frivole tradition de l’opérette et des revues qui éblouirent les scènes parisiennes de la Belle Époque ?
     
 

 

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