- Opéra - bouffon en deux actes et quatre tableaux.

Livret de Henri Crémieux et Ludovic Halévy. Créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens de Paris, le 21 octobre 1858 (version remaniée en 1874).

Direction musicale Laurent Campellone
Mise en scène Ted Huffman
Décor, costumes et lumière Clement & Sanôu
Chorégraphie Yara Travieso

avec

Sébastien Droy, Orphée
Sarah Aristidou, Eurydice
Franck Leguérinel, Jupiter
Doris Lamprecht, L'Opinion publique
Flannan Obé, John Styx
Jennifer Courcier, Cupidon
Mathias Vidal, Aristée, Pluton
Lucie Roche, Vénus
Anaïs Constans, Diane
Edwige Bourdy, Junon
Marc Mauillon, Mercure
Mathilde Nicolaus, Minerve          
Chœur d’Angers Nantes Opéra
Direction Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire
Coproduction Opéra national de Lorraine, Angers Nantes Opéra et Folies lyriques, Montpellier, créée à Nancy le 29 décembre 2015.
[Opéra en français avec surtitres]

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

mardi 22, jeudi 24, vendredi 25, dimanche 27, mardi 29 novembre 2016

ANGERS LE QUAI

mercredi 14, vendredi 16, dimanche 18 décembre 2016

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

 

Orphée qui joue du violon et se toque d’une nymphe, Eurydice qui s’ennuie et s’entiche d’un Pluton travesti en berger, une opinion publique qui sermonne le couple volage et veille au grain de folie, une palanquée de déesses et de dieux agités ou perdus dans les nuages d’un moelleux Olympe… Décidément, la romantique et tragique histoire d’amour d’Orphée et Eurydice qui fit tant rêver semble ici sérieusement mangée aux mythes mais l’antiquité y est si joliment taquinée, si drôlement polissonne, que Cupidon lui-même s’en lèche les babines !
Jacques Offenbach, dissimulé par les dialogues bouffons de ses librettistes Henri Crémieux et Ludovic Halévy, s’abandonne au plaisir d’une partition subtile qu’il ne cessera d’amplifier et d’affiner pendant près de vingt ans. Bien sûr, on y retrouve ces airs dont on ne peut se défaire, ce French cancan endiablé qui donne des fourmis dans les jambes, mais aussi, affectueux pastiche de la musique du XVIII° siècle, clin d’œil à Orfeo ed Euridice de Gluck, de bucoliques ou virtuoses moments qui cueillent d’émotion le spectateur qui s’apprêtait à rire et se sent près d’en pleurer.
Bien évidemment, Jacques Offenbach n’a pas attendu ses presque quarante ans et Orphée aux Enfers pour que ses compositions connaissent la célébrité — la qualité de ses mélodies lui avait déjà permis de devenir le directeur musical de la Comédie-Française à vingt-huit ans. Mais c’est en créant en 1855 son propre théâtre sur les Champs-Élysées, les Bouffes-Parisiens, que ses exubérantes compositions pour la scène, ce « style Offenbach » au comique et à l’entrain ravageurs, vont connaître leur pleine démesure. À peine ouvert en juillet 1855, son théâtre tourne à plein régime avec de courtes productions de son cru, enchaînant opéra-comique (Une Nuit blanche), « bouffonnerie musicale » (Les Deux Aveugles), « légende bretonne » (Le Violoneux), « saynète lyrique » (Paimpol et Périnette), avant que sa « chinoiserie musicale » en un acte, Ba-ta-clan, lui offre son premier grand succès dès la fin de l’année. Mais c’est avec son Orphée aux Enfers, créé en 1858, qu’il connaîtra son premier vrai triomphe.
Pour la première fois, Offenbach s’attaquait à la mythologie, au grand déplaisir de certains intellectuels de l’époque qui ne supportaient pas cette atteinte à un patrimoine quasi sacré. Ainsi, par exemple, Émile Zola s’en prit-il à cette nouvelle mode comique dans Nana, en écrivant d’une imaginaire opérette, La Blonde Vénus : « Ce carnaval des dieux, l'Olympe traîné dans la boue, toute une religion, toute une poésie bafouée, semblèrent un régal exquis. La fièvre de l'irrévérence gagnait le monde lettré des premières représentations ; on piétinait sur la légende, on cassait les antiques images. » Loin de céder aux pressions du bon goût offusqué, Offenbach récidivera, six ans plus tard, avec La Belle Hélène dont la gloire n’eut, dès sa création, rien à envier à celle de son antique modèle.
Le succès de Orphée aux Enfers ne se démentit jamais. Même la reprise en 1859 au Théâtre-Lyrique de « l’original » que le compositeur avait affectueusement parodié, Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck, arrangé par Berlioz, ne lui fit aucune ombre. L’œuvre se joua mille fois du vivant du compositeur et le seul danger qu’elle courut lui vint… de Jacques Offenbach lui-même. Devenu directeur du Théâtre de la Gaîté en 1873, il voulut, à coups de dépenses somptuaires qui le menèrent au bord de la faillite, offrir de ces grands spectacles dont le public parisien était devenu friand. Ainsi son « petit » opéra bouffon en deux actes et quatre tableaux devint-il, en 1874, un opéra-féerie à grand spectacle en quatre actes et douze tableaux. Au risque d’y perdre l’affection de ses plus fidèles admirateurs.
     
 

 

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