- operia seria - en trois actes.

Livret de Aaron Hill et Giacomo Rossi. Créé au Queen’s Theater de Londres le 24 février 1711.

Direction musicale Bertrand Cuiller
Mise en scène et scénographie Claire Dancoisne
Lumière Hervé Gary

avec

Paul-Antoine Bénos, Rinaldo
Lucile Richardot,
Goffredo
Emmanuelle de Negri,
Almirena
Aurore Bucher,
Armida
Thomas Dolié,
Argante      
Ensemble Le Caravansérail
Direction Bertrand Cuiller

Production la co[opéra]tive [Les 2 Scènes — scène nationale de Besançon, le Théâtre Impérial de Compiègne — scène nationale de l’Oise en préfiguration, Le Bateau Feu — scène nationale de Dunkerque, le Théâtre de Cornouaille — scène nationale de Quimper]. Coproduction Angers Nantes Opéra, L'Entracte — scène conventionnée de Sablé-sur-Sarthe, Théâtre-Sénart — scène nationale. En partenariat avec le Théâtre de la Licorne. Les représentations nantaises sont présentées en partenariat avec Baroque en Scène.
[Opéra en italien avec surtitres en français]

 

 

 

 

 

 

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

mercredi 24, vendredi 26, dimanche 28, lundi 29, mercredi 31 janvier 2018

ANGERS GRAND THÉÂTRE

dimanche 4, mardi 6 février 2018

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

Représentations en audiodescription

NANTES mercredi 31 janvier

ANGERS dimanche 4 février

 

 

Jérusalem assiégée va tomber aux mains des Croisés. Leur chef Goffredo en est déjà à promettre sa fille Almirena à celui qu’elle aime et qui l’aime, Rinaldo, ce preux héros qu’il veut récompenser. Argante, le fier roi dont la ville est perdue mais dont l’arrogance est intacte, peut bien demander une trêve de trois jours, cela n’y changerait rien si son amante Armida ne s’en mêlait avec magie, ouvrant une brèche dans laquelle s’engouffrent sortilèges, enlèvements, monstres et magiciens. La bataille aura lieu, le couple royal perdra mais sera gracié, l’amour et la vertu triompheront.
Avec cette fresque lyrique, plus féérique et fantastique qu’historique, Georg Friedrich Haendel, auréolé de sa jeune gloire allemande et italienne, désiré par les curieux sensibles à sa renommée, conquiert en 1711 une Londres endeuillée de musique après la mort de Henry Purcell en 1695. Son Rinaldo, à la composition riche et sophistiquée, aux airs si virtuoses et sans anglaise retenue, à la facture italienne qui réjouissait les mélomanes londoniens, maîtrisant avec éclat un théâtre spectaculaire qui manquait outre-Manche, offrit un sang neuf à la scène anglaise. Et triompha.
En ce début de XVIIIe siècle à Londres, on craignait Georg Friedrich Haendel autant qu’on l’admirait. Celui qu’on avait surnommé le grand ours parce qu’il était grand et massif, était célèbre pour ses colères. Ne l’avait-on pas vu donner des coups de pied à ses musiciens inattentifs ou leur jeter leurs instruments à la figure quand ils ne parvenaient pas à suivre ses indications ? Force de la nature, glouton et solitaire, souvent débraillé, déambulant dans les rues en parlant à haute voix, Haendel n’avait rien d’un gentleman mais avait conservé sa rudesse allemande et l’héritage d’érudition de sa ville natale, l’universitaire Halle.
Sa puissance physique, son caractère volontaire, rigoureux, il les mit entièrement au profit de son oeuvre et de son ambition, de Halle, où il se forme, à Hambourg où il se révèle à dix-huit ans avant que d’y créer son premier opéra, Almira, à tout juste vingt ans. Puis en Italie dans laquelle son talent brille à Florence, Rome, Naples et Venise où son opéra Agrippina connaît un tel triomphe qu’il peut s’en servir comme d’un prestigieux marchepied pour atteindre, conquérir Londres, qu’il désire, à seulement vingt-cinq ans.
Bourreau de travail, sans autres plaisirs connus que ceux de la musique et de la table, passant rarement plus de trois semaines pour composer un opéra ou un oratorio, capable de corriger ses erreurs en trois nuits si le public n’est pas aussitôt conquis, le jeune prodige fascine le beau monde, est introduit à la Cour d’Angleterre où la reine Anne le reçoit avec enthousiasme. On l’admire brillant claveciniste et organiste, on savoure la rigueur architecturale de ses compositions, on s’extasie de sa maîtrise de l’art du théâtre, on aime son exotique parfum musical qu’il a importé d’Italie. On espère aussi son autorité salvatrice.
Et, en effet, la brutalité de Haendel apporta le salut tant désiré à la scène londonienne, menacée de périr quand la mode de l’opéra italien, en gloire depuis 1706, aurait fini par disparaître de ses excentricités. Car les divas que sacrait cet opéra multipliaient les caprices, ne voulaient plus chanter qu’à prix d’or, exigeaient crânement qu’on réécrive leurs rôles pour mieux servir leur talent… et leur prétention. Haendel remit de l’ordre, voulut même passer par la fenêtre une prima Donna qui refusait sa partition. Les mélomanes anglais avaient longtemps espéré, attendu un maître digne de remplacer Henry Purcell, Haendel leur a offert plus qu’ils n’espéraient, lui qui, même vieillissant, même devenu aveugle, continua de composer, demeurant fidèle à sa patrie d’adoption jusqu’à sa mort à l’âge de soixante-quatorze ans.
     
 

 

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