- Opéra - en sept scènes pour six voix de femmes a cappella.

Livret de Ana Sokolović.
Création mondiale au Berkeley Street Theatre de Toronto, le 24 juin 2011.
Création européenne en version scénique au Théâtre du Jeu de Paume d’Aix-en-Provence, le vendredi 3 juillet 2015

 

Direction musicale Sébastien Boin
Mise en scène Ted Huffman et Zack Winokur
Décor et costumes Samal Blak
Lumière Marcus Doshi

avec
Florie Valiquette, Milica
Liesbeth Devos, Danica
Beate Mordal, Lena
Pauline Sikirdji, Zora
Anna Destraël, Nada
Mireille Lebel, Ljubica
et
Raphaël Simon, percussions               
Commande et production originale de Dáirine Ní Mheadhra et John Hess du Queen of Puddings Music Theater de Toronto.
Nouvelle production de l'Académie du Festival d’Aix-en-Provence.
Coproduction Angers Nantes Opéra, les Théâtres de la ville de Luxembourg, Festival de Ljubljana.
[Opéra en serbe avec surtitres en français] 

 

 

 

 

 

 

 

 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN

vendredi 20, samedi 21, mardi 24 mai, mercredi 25 mai 2016

 

ANGERS GRAND THÉÂTRE

dimanche 29, mardi 31 mai 2016

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 

 

 

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Milica a les yeux si brillants qu’ils trahissent quelques larmes. Sans doute du bonheur aigre-doux de se marier demain avec cet homme qu’elle n’a pas vraiment choisi, peut-être de cette tristesse mélancolique d’une jeunesse qu’il faut abandonner, d’une mère qu’il faut quitter. Dans l’intimité de sa chambre, elle vit sa dernière nuit de jeune fille. Danica et Lena sont là. Zora, Nada et Ljubica aussi. Ses plus tendres amies. Elles lui chantent des mélodies aussi apaisantes que des berceuses, lui teignent les cheveux, lui parodient le mariage, la grisent de danses et de querelles pour rire… Des jeux de gamines qui amusent la nuit jusqu’à l’aube grave et solennelle qui viendra rosir le ciel.
Ana Sokolović, compositrice internationalement reconnue aujourd’hui et maintes fois célébrée au Canada où elle vit, transforme cette complice histoire de femmes en une attachante histoire de voix. Des voix a cappella qui se souviennent de ses racines serbes, en ravivent des airs traditionnels presque effacés, jouent de la couleur singulière de la langue, du rythme de mots et de phrases égrainés en litanies, et sont recueillies en un opéra de chambre émouvant comme la vie.
Ana Sokolović n’a rien oublié de la Serbie qu’elle a quittée il y a une vingtaine d’années pour s’installer à Montréal. Le ministère de la culture, des communications et de la condition féminine à l’assemblée nationale du Québec l’a sacrée trésor national à l’hiver 2012 ; le comité artistique de la société de musique contemporaine du Québec l’a choisie à l’unanimité pour sa Série Hommage qui, en 2011-2012, a permis aux artistes et organismes canadiens de présenter plus de 200 événements en son honneur, de l’Est à l’Ouest du pays… La reconnaissance lui offrait ainsi l’opportunité de créer un opéra spectaculaire, à grand orchestre, mais elle a préféré composer Svadba, un opéra de chambre si intime qu’il semble se dérouler à huis-clos. Svadba, c’est un retour aux sources vers le pays qu’elle a laissé derrière elle sans jamais l’abandonner vraiment, une petite assemblée de femmes à l’abri provisoire du monde des hommes, des voix seules pour mieux résonner dans le silence de la forêt des souvenirs.
 
Comme la plupart des grands compositeurs, Ana Sokolović n’hésite pas à chercher la modernité dans les traditions populaires qui marquent de leur empreinte la mémoire collective. Pour ses œuvres, elle part ainsi en pèlerinage dans son folklore, celui des Balkans, ses rythmes festifs et étonnants qui servent la richesse de sa musique volontiers ludique qui entraîne l’auditeur dans un univers imagé. Elle aime ces chants sans âge qui célèbrent sans pompe, fêtent sans manière, ponctuent chaque moment de la vie avec émotion, aussi bien la naissance que la mort. Ou le mariage. Svadba, en serbe.
De ses origines, des influences revendiquées de Igor Stravinsky, Jean-Sébastien Bach ou György Ligeti, Ana Sokolović fait son miel, son originalité. Ainsi du rituel de préparation au mariage qui, là-bas, dure traditionnellement sept jours, elle compose un opéra en sept scènes qui n’appartient qu’à elle, résume en l’espace d’une seule nuit ces rituels ancestraux qui permettaient aux jeunes filles de se métamorphoser en femmes. Ainsi, après la plainte de la promise qui voit se dessiner son destin et avant qu’un émouvant chant d’adieu vienne clore la nuit, on retrouve le chant pour se teindre les cheveux, celui pour prendre le bain, ou encore celui pour se vêtir et se parer pour la cérémonie. Son travail délicat sur la langue, ses rythmes et ses couleurs, son travail virtuose sur la voix dans son plus authentique dépouillement, ont valu à Ana Sokolović de recevoir en 2012 six nominations lors des prix Dora Mavor Moore, et de remporter les honneurs dans la catégorie Outstanding New Musical / Opera.
     
 

 

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