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Ode à sainte Cécile
— Begin the song — [Commencez le chant]
Créée à l’occasion de la célébration du jour de la Sainte-Cécile, le 22 novembre 1684 au Stationers’ Hall de Londres.
Vénus et Adonis
— masque — pour le divertissement du roi en un prologue et trois actes
Livret anonyme. Créé vers 1683 à la cour du roi Charles II.
Direction musicale Bertrand Cuiller
mise en scène Louise Moaty
scènographie Adeline Caron
costumes Alain Blanchot
lumière Christophe Naillet
chorégraphie Françoise Denieau
maquillages Mathilde Benmoussa
Avec
Céline Scheen, Vénus
Marc Mauillon, Adonis
Enfant de la Maîtrise de Caen, Cupidon
Maîtrise de Caen Direction Olivier Opdebeeck
Choeur et orchestre Les Musiciens du Paradis Direction Alain Buet
Coproduction Angers Nantes Opéra, Théâtre de Caen, Théâtres de la Ville de Luxembourg,
Opéra-Comique de Paris, Opéra de Lille, Centre de Musique Baroque de Versailles.
[Opéra en anglais avec surtitres en français]
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Angers / Grand Théâtre
dimanche 6, mardi 8, mercredi 9 janvier 2013
Nantes / Théâtre Graslin
lundi 14, mardi 15, jeudi 17, vendredi 18, dimanche 20 janvier 2013
en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

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À en croire la mythologie, Vénus et Proserpine
s’enamourèrent passionnément du jeune Adonis, un mortel
beau comme un Dieu. Les déesses de l’Amour et des
Enfers se le disputèrent si âprement que Jupiter dut s’en
mêler, accorda à chacune d’elles un tiers du temps d’Adonis
qui pouvait consacrer le restant aux amours de son choix.
L’insouciant adorait la chasse mais désirait follement Vénus.
Il lui donna son tiers de liberté et ils y prirent tant de plaisir
qu’ils provoquèrent la jalousie des dieux dont la vengeance
poussa un sanglier à charger mortellement le chasseur.
De cet amour divinement charnel John Blow fit son Vénus et
Adonis où, dans un cadre bucolique, après un badin répit que
s’offrent les amants, la fatale blessure d’Adonis et celle laissée
par la flèche de Cupidon dans le coeur de Vénus peuvent
se fondre en une seule douleur, en l’une de ces musiques
diaphanes, presque religieuses, dont se délectait la cour
d’Angleterre au XVIIe siècle. Avec cette oeuvre pour la scène,
il contribuait ainsi, sans le savoir, à la naissance de l’opéra
anglais.
« Ma plus belle prouesse serait encore
De t’atteindre en plein coeur :
Vois comme je vole de mes deux ailes,
Ouvre-toi, je t’en prie, au Dieu de l’Amour. »
Cupidon, Vénus et Adonis
Souvent les disciples éclipsent leurs maîtres dans l’histoire. Ainsi Henry Purcell, l’une des figures les plus
célèbres de la musique anglaise, né en 1659 à Londres, fait-il durablement de l’ombre à John Blow, de dix ans
son ainé, auprès duquel il mena ses études dès l’âge de quinze ans et auquel il dut pourtant bien plus que sa
formation. Ne serait-ce que le poste d’organiste à l’abbaye de Westminster que John Blow lui céda pour ses
vingt ans. Mais surtout Vénus et Adonis, car c’est bien en ce masque novateur qu’il faut chercher l’influence
de son Didon et Énée qui en fit le premier grand compositeur de l’opéra anglais.
Cette notoriété de l’opéra de Purcell n’enlève rien au prestige de Vénus et Adonis, divertissement de choix
offert au roi Charles II et à sa cour. D’autant que le masque, qui savait allier poésie, musique, danse et mise en
scène fastueuse, était le genre théâtral le plus en vogue aux XVIe et XVIIe siècles. Il était de tous les événements,
les seigneurs y participaient volontiers, on aimait cette force onirique, allégorique, dont le poète Ben
Jonson souligna la singularité : « Si la voix du masque célèbre l’occasion présente, elle exprime toujours de
plus lointains mystères ».
D’ailleurs, si l’opéra anglais, né en 1656 avec The Siege of Rhodes de Henry Lawes, Matthew Locke, Henry
Cooke, Charles Coleman et George Hudson sur un livret de William Davenant, connut indiscutablement parmi
ses plus belles pages avec le Didon et Énée que Purcell écrivit au printemps 1689, il disparut presque entièrement
aux XVIIIe et XIXe siècles au profit de l’opéra italien et il fallut attendre Benjamin Britten, au XXe siècle,
pour qu’il renaquît dans sa langue et son esprit.
Il n’y avait donc aucune raison de rivalité entre les deux compositeurs qui, au contraire, cultivèrent une profonde
amitié. John Blow, maître et pédagogue reconnu, gentleman de la Chapelle royale dont il finit compositeur
officiel, docteur en musique par la volonté de l’archevêque de Canterbury, personnalité influenteà la cour de Charles II, compositeur d’une centaine de chants sacrés, de dizaines d’odes, de musique profane,
de pièces instrumentales pour clavecin et orgue, avait la modestie des grands, admirait son élève sans état
d’âme. Au point que, lorsque celui-ci mourut à trente-six ans, John Blow reprit à regret l’orgue de Westminster
et composa l’Ode à la mort de Henry Purcell. Le maître pleurait l’élève.
Présenté en première partie de soirée, Begin the song [Commencez le chant] respectait la coutume anglaise à l’origine mystérieuse qui, chaque 22 novembre, célébrait la Sainte-Cécile par un concert au programme
duquel devait figurer l’interprétation d’une ode composée pour l’occasion. La plus ancienne ode connue,
Welcome to All the Pleasures [Bienvenue à tous les plaisirs], date de 1683 et est signée de Henry Purcell. En
tête de la partition, on peut lire : « La Sainte-Cécile est annuellement honorée par une fête publique tenue ce
jour-là par les maîtres et les amateurs de musique, aussi bien en Angleterre que dans les contrées étrangères ». John Blow mit également en musique, en 1691, l’ode pour la Sainte-Cécile de Thomas d’Urfey, The Glorious
Day Is Come [Voici venu le jour glorieux].
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