3 questions à Marie-Bénédicte Souquet

Artiste lyrique en résidence, Marie Bénédicte Souquet nous raconte son année à Angers Nantes Opéra. 

 

Vous êtes soprano et artiste en résidence à Angers Nantes Opéra, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours et sur cette résidence ?

 

Marie-Bénédicte Souquet : "Pour revenir sur mon parcours, j’ai commencé à chanter à 9 ans à Radio France, mais quand j’y pense je me souviens parfaitement que mon père jouait de la guitare et me faisait chanter quand j’étais petite sur des chansons de Brel, de Brassens. Mes parents disaient « elle chante tout le temps, il faut qu’on lui trouve une chorale ! », alors ils m’ont inscrite à Radio France à l’âge de 9 ans, sans trop savoir finalement ce que cela représentait, et j’y suis restée pendant 7 ans.

 

Radio France c’est un cursus de musique ce n’est pas scénique. On fait du chant avec une formation très solide en solfège et dès que l’on chante (même si nous n’avons que 10 ans), c’est avec l’orchestre philarmonique ou l’orchestre national. Nous avons dans les oreilles des orchestres incroyables et sans s’en rendre compte !

 

J’ai quitté Radio France durant mes années de lycée, et j’ai commencé un cursus en musicologie à Paris, tout en continuant le chant. Et puis au bout d’un moment, j’ai assumé que je voulais devenir chanteuse.

 

Donc à 20 ans je me suis spécialisée en chant, j’ai fait plusieurs conservatoires, puis la maîtrise de Versailles sur 3 ans dans l’objectif de faire du chœur autour de la musique baroque. C’est pendant ce cursus que j’ai réalisé que l’opéra cela devait être génial ! Nous avons fait les chœurs de La Flûte enchantée et j’ai eu un déclic.

Finalement c’est un déclic un peu tardif pour une chanteuse, la première fois que je suis allée à l’opéra j’avais 20 ans. À ce moment-là, je prends conscience que j’ai envie de faire de la scène, que le théâtre m’intéresse énormément, du coup je présente le CNSM (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris), suite à la maîtrise de Versailles. Puis le perfectionnement et ensuite j’ai fait l’atelier lyrique de l’Opéra national de Paris.

 

J’en ai eu marre de l’école, alors j’ai commencé à postuler sur des productions car il arrive un moment où il faut être sur scène, travailler avec des metteurs en scène… Il faut se lancer !

 

Au sujet de la résidence, c’est quelque chose qui se fait depuis des années dans les théâtres, mais cela ne se faisait pas du tout à l’opéra. Je reste intermittente du spectacle, je suis engagée à chaque fois que je viens, en revanche cela veut dire que ça fidélise, sur toute la saison, un artiste qui va faire beaucoup de choses, et non pas qu’une seule production.  

 

Pour moi cela représente les conçerts Ça va mieux en le chantant, où je ne suis pas juste la chanteuse, je présente aussi les spectacles et donc il y a un engagement artistique encore plus profond. Je serai aussi chanteuse sur certaines productions et puis le fait d’être là toute l’année nous permet de créer des liens avec Angers Nantes Opéra, de nous investir dans différentes actions culturelles…"

 

 

Vous êtes aussi partie prenante de l’action culturelle menée par Angers Nantes Opéra, dont le projet « Le Chant d’Orphée ». En quoi consiste ce projet ?

 

Marie-Bénédicte Souquet : "Quand Angers Nantes Opéra m’a proposée la résidence, j’avais commencé à écrire un projet autour du mythe d’Orphée, j’avais déjà écrit un conte, sous la forme d’un conte africain. J’avais très envie de faire un spectacle pour enfant donc je suis venue avec cette idée et les équipes de l’action culturelle ont tout de suite été très intéressées. Je suis donc porteuse de ce projet et ils me font complétement confiance.

 

Le Chant d’Orphée, est un conte musical et en même temps je vais chanter et jouer de la viole de gambe (qui enfaite représente dans mon histoire, la lyre d’Orphée).

Je serai seule en scène et l’idée de ce spectacle, un peu différent, est qu’il s’articule en deux parties. Une première partie un peu « classique » puis une deuxième partie qui prend la forme d’un débat, un peu comme un gouter philo. Mon idée, un peu ambitieuse, est que j’aimerais développer chez les enfants un côté critique du spectateur. J’ai envie que quand on regarde un spectacle, on laisse raisonner ce que l’on vient de voir et puis, on essaye de mettre des mots sur les sentiments. 

 

Je n’ai pas choisi le mythe d’Orphée par hasard, ce sont des sujets qui me tiennent à cœur : l’amour, la mort, le deuil, les larmes, le courage, le doute… C’est une histoire assez tragique, mais j’ai envie d’aborder ces thèmes avec les jeunes.

 

Ce spectacle s’adresse aux enfants de 6 à 11 ans et à un public familial. Il qui doit être présenté dans des petits Théâtres du territoire (avec pour le moment des dates annulées en raison de la crise sanitaire).

 

Pour le préparer, nous avons imaginé une semaine de résidence à Brissac, et l’action culturelle a eu l’idée de faire venir les enfants des écoles aux alentours pour participer à des ateliers autour du chant, du costume et du théâtre. Les élèves deviennent ainsi les complices de cette création.

 

Pour mener à bien le projet, je me suis associée à la compagnie Les voix élevées, les mains dans le cambouis, avec un ami metteur en scène, Arnaud Guillou, ainsi que Elise Guillou pour les costumes. Il y a aussi Clément Bascle, chef de chœur intervenant d’Angers Nantes Opéra qui sera là, avec l’idée d’apprendre aux enfants un des morceaux du spectacle et enfin, Lucas Peres, qui a écrit une musique spécialement pour ce conte : la marche d’Orphée."

 

 

Quels sont vos futurs projets avec Angers Nantes Opéra ?

 

Marie-Bénédicte Souquet : "Sur cette saison, je serai présente dans la création française Die Opernprobe (La Répétition d’opéra), un opéra-comique d’Albert Lortzing créé en 1851 qui sera diffusé sur les réseaux sociaux d’Angers Nantes Opéra au mois d’avril. Il y aura ensuite Les Fourberies de Figaro, un petit format autour du Barbier de Séville dans la même veine que le spectacles Les aventures de Papageno, présenté l’année dernière. Diffusé aussi en numérique, ce spectacle est volontairement court (1h15), avec des musiques de Rossini et des textes en français pour le rendre le plus accessible possible. Il y aura aussi les concerts Ça va mieux en le chantant et enfin au mois de juin, l’opéra Les Sauvages où je vais interpréter le personnage de Leila, la maman de Nino.

 

Nous nous retrouverons aussi pendant la saison 2021-2022, notamment pour continuer le projet Chant d’Orphée sur le territoire."

 

 

 

Plus d'informations sur la résidence Le Chant d'Orphée ici.