Les échos du Frac

Autour de la variation AMOUR MORTEL

Un partenariat avec le Fonds régional d’art contemporain des Pays de la Loire est engagé pour la saison 26-27. 

Pour la variation AMOUR MORTEL, Angers Nantes Opéra accueille deux œuvres qui font écho dans leur conception même aux émotions que l’on traverse dans l’opéra Orphée et Eurydice : la douleur et sa monstration, le vide provoqué par l’absence ou encore l’attente. Deux œuvres vidéo dont des captures d’images ouvrent et ferment ce programme : La Larme de Christelle Familiari et Passion de l’été pour l’hiver de Lili Dujourie.


Christelle Familiari (née en 1972), La Larme, 1995 - acquise en 1997 par le Frac

Dès sa sortie de l’École des beaux-arts de Nantes, Christelle Familiari réalise des sculptures, des vidéos et des performances qui bousculent les carcans sociaux liés à la représentation du désir et réévaluent la notion d’intimité. Sa pratique est manuelle par l’épreuve des matières et physique par l’intérêt que l’artiste porte au corps : le sien, celui des autres, le corps social, politique, sexuel... Un visage en gros plan, une larme qui coule, l’oeuvre vidéo nous confronte au chagrin, celui que l’on dissimule habituellement à l’abri des regards. Comme un portrait intime, l’oeuvre engage une proximité avec celui ou celle qui nous confie ses larmes.


Lili Dujourie (née en 1941), Passion de l’été pour l’hiver, 1981- acquise en 2005 par le Frac

Lili Dujourie développe une pratique qui explore la relation entre le corps, le temps et le regard. Dans ses premières œuvres vidéo, elle filme en plans fixes et sans montage des scènes domestiques où se confrontent intimité et mise en exposition. Dans Passion de l’été pour l’hiver, l’artiste se met en scène dans un espace où l’intérieur et l’extérieur se répondent. L’immobilité et la simplicité du cadre donnent à la scène une dimension picturale, nourrie d’une imagerie romantique. Le titre introduit une poésie paradoxale : il fait se rencontrer le chaud et le froid, le désir et l’attente, la présence et l’absence, des tensions qui traversent également le mythe d’Orphée.



À voir au niveau de l’orchestre, au rez-de-chaussée du théâtre Graslin, dans les pourtours, avant et après les représentations, jusqu’au 15 novembre.