Biographie Pauline Viardot

Pauline Viardot, femme du XIXe siècle Pauline Viardot, née Michelle Garcia à Paris le 18 juillet 1821, était une figure centrale et cosmopolite du XIXe siècle, reconnue comme diva, muse et compositrice.

Issue d’une famille espagnole et musicale — son père étant le ténor et professeur de chant Manuel Garcia, et sa mère la soprano Maria-Joaquina Sitches — elle baigna dès son plus jeune âge dans un « bouillon culturel et artistique ». 

Initialement destinée à une carrière de pianiste, elle étudie d’abord avec son père, puis avec Franz Liszt. Elle accompagne les élèves chanteurs dès l’âge de 10 ans et se produit en récital à 15 ans. Cependant, le décès de son père en 1832, puis la mort brutale de sa sœur aînée, la célèbre cantatrice Maria Malibran, en 1836 (alors que Pauline a 15 ans), la poussent à suivre la voie du chant. 


Elle fait son entrée dans « la cour des grands » dès 1837 et commence sa carrière à 18 ans au Théâtre de la Renaissance. Malgré la rude concurrence à Paris, où des rivales tentèrent de ruiner sa carrière en soudoyant critiques et audiences, elle chante à l’international. Pauline Garcia épousa Louis Viardot, directeur du Théâtre Italien à Paris, en 1840. Leur salon musical devint un lieu incontournable pour la diffusion de la musique et voyait passer les plus grands artistes de l’époque. 


Amie de George Sand, qui l’introduisit à Louis Viardot et s’inspira d’elle pour son personnage de Consuelo, elle rencontra également l’écrivain russe Ivan Tourgueniev à Saint-Pétersbourg en 1843, qui devint un ami très proche et suivit le couple jusqu’à sa mort. En tant qu’interprète, elle possédait une maîtrise vocale « sans pareille », étendue d’une tessiture de mezzo-soprano au répertoire de soprano et contralto. Elle était appréciée pour sa « puissance et vélocité vocale » ainsi que son talent d’interprète romantique. Le compositeur Giacomo Meyerbeer composa pour elle le rôle de Fidès dans Le Prophète (1849). Le sommet de sa carrière fut atteint en 1859 avec la recréation de l’Orphée et Eurydice de Gluck, remanié avec Hector Berlioz, rôle qu’elle Compositrice PAULINE VIARDOT photo : Antonia Steyn 12 Viardot Cendrillon joua plus de 150 fois à travers l’Europe. Berlioz loua son « art de phraser le chant rare » et sa « sensibilité profonde ». 


En 1863, elle fit ses adieux à la scène à Paris, à 42 ans, sa voix ayant été « poussée à sa limite ». En désaccord avec la politique de Napoléon III, le couple Viardot s’installa la même année à Baden-Baden, en Allemagne. C’est là qu’elle devint une compositrice prolifique, se consacrant principalement à l’enseignement et à l’écriture. Elle composa environ 200 chansons, 50 lieder et trois opérettes de salon, dont Le Dernier Sorcier (1869), dont les livrets étaient signés par Ivan Tourgueniev. 


Elle fit également des arrangements vocaux des œuvres de compositeurs tels que Brahms et Schubert. En 1904, à l’âge de 82 ans, elle écrivit son dernier opéra-comique de salon, Cendrillon, une œuvre pour piano et voix destinée à un usage didactique pour ses élèves. Elle intégra des « airs-valises » permettant aux exécutants de montrer leur propre répertoire ou d’improviser.

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